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Week-end Première

Dermatologue, un métier au coeur des enjeux de santé, qui peine pourtant à recruter

Toute ma vie j'ai rêvé d'être... dermatologue

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29 juin 2022 à 08:17Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première/Olivier Marchal

Il y en aurait près de 20 milliards de kilos sur Terre, de quoi la recouvrir près de 17 fois : c’est la peau humaine, si puissante et si fragile. Avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on l’explore à travers un métier : celui de dermatologue.

Véritable super-matériau aux propriétés étonnantes, la peau humaine cumule des qualités jusqu’ici inégalées par la science. Tout à la fois barrière contre le froid, le chaud, les égratignures, zone de stockage de l’énergie et capteur sensoriel, rempart contre les substances chimiques, virus et bactéries, contre le soleil aussi, la peau peut franchement prétendre au statut de combinaison de survie de l’humanité.

Forte et fragile à la fois, la peau a besoin de soin et, outre les bonnes vieilles méthodes ancestrales dont on connaît les bienfaits et les limites, d’un métier tout dédié : celui de dermatologue.

Surface sociale

Depuis la nuit des temps, l’humanité s’occupe de sa peau. Chez les femmes comme chez les hommes, on la maquille, on la griffe, on la tatoue, pour du sacré, du festif ou des combats. Et l’Histoire des sociétés humaines nous enseigne que la peau n’a, pour des raisons évidentes d’absence de sciences sérieuses, pas été reconnue pour ses prouesses physiologiques, laissant le champ libre à d’autres formes d’appropriation en tant que surface sociale.

Dès lors et durant des millénaires, la peau sera utilisée pour marquer les groupes, les identifier, les organiser, les contrôler. Du noir sans âme de l’Inquisition, à l’albinos porteur de malédiction, en passant par les peaux malades, avariées, signes de péché ou du diable incarné, condamnant le trop blanc, le trop noir, le roux ou le pustuleux à la honte, la lapidation ou le bûcher.

Et ce n’est que tardivement, à l’aide de la science et de la médecine, que la peau va être littéralement nettoyée de ces sornettes, avec un moment fort : 1801, hôpital Saint-Louis, Paris, création de la première école de dermatologie d’Europe.

Getty Images

Un métier plein de surprises !

Deux siècles plus tard, le quotidien d’un.e dermatologue est varié.

Spécialiste des maladies de peau, le dermatologue va s’occuper de problèmes 'bénins' (acné, verrues, psoriasis, eczéma). Posant pour ce faire des gestes chirurgicaux de base : enlèvement de petites lésions, avec de l’azote liquide ou bien à l’aide de laser.

À l’hôpital, souvent pour des pathologies plus lourdes, le dermato contribue aux traitements contre le cancer de la peau, mais aussi à l’élaboration de soins aux grands brûlés.

Mais ce n’est pas tout. Car il/elle s’occupe aussi des ongles, des cheveux et des muqueuses. Ce qui lui vaut le titre officiel de 'vénérologue' et la mission de traiter des infections sexuellement transmissibles.

Etant donné que "la peau, c’est du social et du culturel, vient s’y mêler indéniablement une forte dimension psychologique. Il va de soi qu’ayant en charge les infections sexuellement transmissibles, entre autres, le ou la dermatologue va être amené, au sens propre comme au figuré, à en voir de toutes les couleurs, mais aussi des vertes et des pas mûres. "

Un métier en alerte… rouge

Depuis plusieurs années et de manière au moins aussi récurrente qu’alarmiste, l’Organisation Mondiale de la Santé voit rouge, et les statistiques aussi.

Car, avec des indices UV de plus en plus sévères sous nos latitudes, des périodes de sécheresses de plus en plus fréquentes et fortes, l’actuelle et effrayante progression du nombre de cancers de la peau – plus de 500% ces 20 dernières années -, la situation risque d’empirer d’année en année. On estime d’ailleurs aujourd’hui qu’1 personne sur 5 y sera confrontée avant ses 75 ans.

Face à ces chiffres effarants, on serait tenté d’espérer que science et médecine vont pouvoir tout régler. Sauf que pour y arriver, il va falloir sérieusement penser à recruter. Or tous les 10 ans, la profession perd 10% de ses effectifs, et les prévisions en la matière sont plus que pessimistes.

Mais rien n’est joué. Le mois de juin est là et pour les étudiants : le mois de tous les choix…

Du coup, pourquoi ne pas tenter le coup, en vous imaginant dermato-héros, à préserver des vies en sauvant notre peau !

En pratique

>> Plus d’infos sur le métier de dermatologue (et sur tant d’autres), c’est, du lundi au vendredi, de 9h à 12h, sur Miti, la plateforme d’orientation en ligne entièrement gratuite de la Wallonie et de Bruxelles, ou bien en contactant vos Cités des Métiers préférées : Bruxelles, Charleroi, Liège et Namur.


 

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