RTBFPasser au contenu
Rechercher

Dérapages policiers : les formations actuelles sont-elles suffisantes pour les éviter ?

Les formations des policiers sont constamment remises à jour en fonction de l'évolution de la société
03 sept. 2020 à 09:40 - mise à jour 03 sept. 2020 à 09:40Temps de lecture3 min
Par Stéphanie Vandreck

La rentrée va démarrer en octobre dans un contexte particulier pour les quelque 200 aspirants inspecteurs qui vont se former à l’Académie de police de Namur. La crise du coronavirus a donné de nouvelles missions aux policiers sur le terrain, mais surtout plusieurs affaires ont éclaté mettant en cause l’intégrité de certains policiers. Entre l’affaire Chovanec et celle du groupe Facebook "Thin blue line", la fonction a été pointée du doigt à plusieurs reprises ces dernières semaines. "Effectivement, nous sommes dans un contexte où l’image de la police pourrait sembler problématique, reconnaît le directeur de l’Académie, Raymond Drisket. Mais je retiens essentiellement le sondage selon lequel 70% des citoyens sont contents du service qui leur est offert par la police". L’école de police prévoit d’ailleurs une assez bonne rentrée en octobre.

La formation doit être le reflet de l’évolution de la société

Le directeur ne nie pas que des dérapages peuvent arriver, mais il veut insister sur le fait que tout est mis en œuvre pour les prévenir au maximum. Et cela commence déjà bien avant le début de la formation. "Il faut suivre tout un parcours de recrutement qui va durer près de six mois, avec notamment des tests psychologiques, des jeux de rôles. Mais aussi une enquête de sécurité, dans laquelle nous allons également voir quelle est l’e-reputation du candidat. Et si nous devions constater que ce dernier tient des propos qui ne sont pas en adéquation avec les valeurs qui sont les nôtres, il ne devrait pas intégrer l’Académie", précise Raymond Drisket. La formation elle-même comporte plusieurs modules en lien avec l’attitude que doivent adopter les policiers, que ce soit en intervention, ou même quand ils surfent sur les réseaux sociaux. Une centaine d’heures sont ainsi consacrées à la communication, en ce compris l’usage des réseaux sociaux, 32 au contexte sociétal et 188 à la gestion de la violence et du stress. Des formations constamment remises à jour chaque année, en fonction des nouvelles technologies mises à disposition des policiers, comme les bodycams, ou même de l’actualité. "La formation doit être le reflet de l’évolution de la société", insiste le directeur. Ainsi cette année, les modules de cours consacrés au contexte sociétal s’axeront plus précisément sur les discriminations.

L’importance des formations continuées et des évaluations

Mais qu’en est-il des policiers déjà en fonction depuis de nombreuses années ? Ne risquent-ils pas d’être en décalage avec leurs jeunes collègues fraîchement formés ? Le directeur rappelle l’existence et l’obligation des formations continuées : "La société évolue tellement qu’il est de la responsabilité des policiers, des directeurs d’académie et des chefs de service de trouver des formations pour une remise à niveau. Nous devons d’ailleurs avoir la même réflexion sur les nouveaux process de formation pour les candidats que pour les formations continuées. Tout policier en fonction doit suivre au moins huit heures de formation continuée par an, choisies dans un catalogue de formations, en fonction des besoins qu’il rencontre sur le terrain". Il devra également suivre 16 heures de formation obligatoire en maîtrise de la violence. Raymond Drisket insiste aussi sur l’importance des évaluations, réalisées tous les deux ans, et qui peuvent déboucher dans certains cas sur l’exclusion de la personne des services de police. Des questions se posent aussi quant à la durée de la formation pour devenir inspecteur de police : un an en l’académie, suivi de six mois de stage sur le terrain, n’est-ce pas trop peu ? "Plusieurs projets sont sur la table, dont un qui vise à faire passer la formation à 24 mois, répond-il. Je pense que c’est une piste très intéressante, sachant que dans ces 24 mois, il devra y avoir davantage d’occasions d’immerger le policier sur le terrain".

 

 

Articles recommandés pour vous