L'info culturelle

« Der Rosenkavalier », l’énigme du temps – le monde trouble de Damiano Michieletto à la Monnaie

© Baus

La Monnaie poursuit sa saison avec une nouvelle production du " Chevalier à la rose " de Richard Strauss. A la mise en scène, Damiano Michieletto tire les ficelles d’une fable onirique, un monde éphémère, à mi-chemin entre rêve et réalité. Représentation à partir de ce vendredi 28 octobre et jusqu’au 18 novembre à la Monnaie. Diffusion sur Musiq3 le 17 décembre.

Créé pour la première fois à Dresde en 1911, " Der Rosenkavalier " est l’une des œuvres lyriques les plus connues de Richard Strauss. Son livret, tiré du roman " Les amours du chevalier de Faublas " de Jean-Baptiste Louvet de Couvray aborde les thèmes de la nostalgie et de la fuite du temps. Dans le Vienne du 18e siècle, le jeune Octavian semble très heureux d’être devenu l’amant secret de la Maréchale. Cette nouvelle relation permet à la princesse de Werdenberg - La Maréchale – de renouer avec le sentiment enivrant des premières amours. Pourtant, elle sait au fond d’elle, que cette relation est éphémère et que le jeune homme qui occupe la chambre, finira par se détourner d’elle.

A la fin du premier acte, Octavian devient " chevalier à la rose ". Il a pour mission de représenter l’horrible Baron Ochs dans une demande de fiançailles. Tout se complique lorsqu’au début de l’acte 2, Sophie, la jeune promise, tombe amoureuse du messager. Le mariage est annulé, le Baron Ochs est blessé par la dague d’Octavian et le jeune couple est répudié. A la fin du troisième et dernier acte, après une série de tours de passe-passe et de quiproquos en cascade, le baron Ochs finit par être ridiculisé. Quant au jeune couple, il reçoit la bénédiction de la Maréchale qui voit amère, son jeune amant lui glisser entre les doigts.

Damiano Michieletto – fabrique à rêve

La mise en scène place les personnages de l’œuvre dans un univers trouble. Damiano Michieletto crée un monde éphémère, proche du rêve, à l’image de ces boules à neige que l’on agite pendant l’hiver. Le décor dessine la chambre de la Maréchale dans un jeu de miroirs angoissant qui démultiplie l’espace. Des images énigmatiques apparaissent. La neige tombe par bourrasques. Un majordome nain, tout vêtu de blanc, semble tirer les ficelles de l’intrigue tandis qu’à la fin de l’acte 1, une forêt d’horloges à pendule symbolise la fuite du temps et le sentiment de nostalgie.

" Je suis parti d’un sentiment, celui de la nostalgie. Dans le livret, on retrouve cette phrase qui dit " je cherche la neige des années passées ". La neige est devenue une sorte de leitmotiv dans cette mise en scène "

Damiano Michieletto au micro de François Caudron

Entretien avec le metteur en scène Damiano Michieletto à la Monnaie autour de Rosenkavalier

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

La direction d’orchestre est signée Alain Altinoglu. Le travail mené sur les voix et sur l’orchestre – les cuivres et les bois – laisse rêveur. L’œuvre est portée par trois interprètes féminines ; les sopranos Sally Matthews et Ilse Eerens dans les rôles de La Maréchale et de Sophie. La mezzo-soprano, Michèle Losiers dans le rôle d’Octavian. Quant à l’ignoble Baron Ochs, il est interprété par Matthew Rose, basse à la voix caverneuse qui transforme l’éclat de la valse viennoise, en soirée arrosée et vacillante.

" Der Rosekavalier " sera présenté dès ce soir et jusqu’au 18 novembre à la Monnaie. Diffusion sur Musiq3 le 17 décembre.

Loading...

Articles recommandés pour vous