Réseaux sociaux

Depuis le rachat de Twitter par Elon Musk, les internautes se ruent sur un autre réseau social : Mastodon

© Eugen Rochko – RTBF

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Par Pascale Bollekens

Depuis que Twitter est désormais aux mains du milliardaire Elon Musk, nombreux sont les internautes à s’inquiéter de l’avenir de sa politique de modération. À l’époque où Donald Trump a été banni du réseau, les alternatives – qui ne procédaient pas à la vérification des faits, au signalement ou à l’interdiction - sont devenues plus visibles, comme Parler ou Truth Social, mais cela ne s’est pas traduit en une viabilité économique pour ces plateformes.

De son côté, Elon Musk ouvre aujourd’hui la porte au retour de Trump sur Twitter, une inquiétude qui pousse certains utilisateurs de Twitter à migrer vers un autre réseau social, dont un en particulier : Mastodon. Un site décentralisé, open source, qui se présente lui-même comme une alternative démocratique, sans les dérives liées à la recherche de profit. "Votre flux d’accueil doit être rempli de ce qui compte le plus pour vous": promet le site, "et pas de ce qu’une entreprise privée pense que vous devriez voir". Le site est en effet dénué de pub et promet un contrôle des données personnelles par l’utilisateur.

Mastodon, une alternative open source à Twitter

Créé en 2016 par Eugen Rochko, un informaticien allemand adepte du logiciel libre, Mastodon est une sorte de clone de la plateforme, fonctionnant sur les mêmes principes que Twitter. Dès sa création, il a vu affluer les internautes en recherche de liberté comme au commencement de l’internet. C’est vrai que cette plateforme de communication représente une alternative "open source", ce qui est un atout non négligeable pour beaucoup d’internautes, qui se libèrent ainsi des algorithmes occultes de Twitter, de la publicité et de la vente de leurs données.

Mastodon, le clone de Twitter dans son utilisation

En pratique, l’utilisation ressemble à celle de Twitter sauf que les tweets sont ici remplacés par des "Toot", ou des "Pouet" en français. Grosse différence avec son concurrent, le réseau social est décentralisé. Il n’est pas administré par une entreprise avec une seule adresse internet ou sur un seul serveur.

Ce sont plutôt un ensemble de serveurs, de réseaux de discussions totalement indépendants les uns des autres mais qui peuvent s’entrecroiser. On parle alors de fédérations de réseaux.

Il n’y a pas une seule instance directrice à Mastodon, chaque "instance serveur Mastodon" a sa propre administration et sa propre modération.

Au départ, cela a créé de nombreux problèmes, à l’image de l’ouverture du net au grand public à l’époque.

Certaines instances se focalisaient sur un thème, d’autres en interdisaient, se donnant le droit de supprimer les comptes de certains utilisateurs.

Ce sont finalement des membres de Mastodon, notamment des techniciens réseaux et des développeurs d’application, qui ont remis un peu d’ordre sur la plateforme. Ces derniers ont, entre autres, instauré un code de bonnes conduites et de mauvaises pratiques. Le réseau social s’est donc construit via les utilisateurs, pour les utilisateurs, avec bienveillance.

Des "twittos" fatigués des trolls et des tweets sponsorisés qui fuient

Une chose est sûre, avec le rachat de Twitter par Elon Musk, certains "twittos" ont commencé à en avoir assez d’être prisonniers d’une plateforme dirigée par un algorithme dont le fonctionnement reste énigmatique, sans compter la présence de la publicité et la marchandisation des données personnelles.

Aujourd’hui, la popularité de Mastodon a eu le vent en poupe, propulsant les discussions autour de ce réseau social libre en Top Tweet sur la plateforme détenue à présent par l’homme le plus riche du monde.

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Alors, ce nouveau réseau social non commercial va-t-il voler la vedette à son concurrent et s’imposer dans la durée ? De grandes institutions publiques y sont notamment présentes, à l’image du ministère de l’éducation nationale français.

 

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Mastodon revendique aujourd’hui plus de 3 millions de comptes utilisateurs dans le monde. Un chiffre qui donne le vertige mais qui est sans comparaison avec les 300 millions d’utilisateurs du réseau à l’oiseau bleu.

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