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Politique

Départ pour la Roumanie de la plus grande partie des 300 militaires belges engagés pour défendre l’OTAN

08 mars 2022 à 10:06 - mise à jour 08 mars 2022 à 12:36Temps de lecture4 min
Par Jean-François Noulet

La plus grande partie du détachement belge envoyé en Roumanie dans le cadre de la mission de l’OTAN s’est envolée de Melsbroek ce mardi matin.

Au total, ce sont 300 militaires casernés, pour la plupart, à Marche-en-Famenne qui seront en poste en Roumanie, sous le commandement d’un bataillon français. Ce déploiement de forces belges et françaises en Roumanie intervient après la décision prise par l’OTAN de mobiliser la NRF, la Force de réaction de l’OTAN, suite à l’attaque de l’Ukraine par la Russie.

La mission des troupes déployées dans la NRF est de défendre les frontières externes de l’OTAN. De ce côté, la Roumanie est bordée par l’Ukraine et la Moldavie.

Le départ de militaires belges de la base militaire de Melsbroek s’est fait en présence du Premier ministre Alexander De Croo, de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, du Chef de la Défense, l’Amiral Michel Hofman, et du Commandant de la Composante Terre, le Général-major Pierre Gérard.

"Ce qui est important, c’est de donner le signal que les pays de l’Otan se défendront. Nous ne sommes pas d’accord avec ce qu’il se passe en Ukraine, mais nous ne tolérerons pas que l’on touche aux pays de l’Otan. Notre sécurité, nous la garantissons en solidarité avec d’autres pays", a déclaré le Premier ministre, Alexander De Croo.

"C’est la première fois que cette force rapide de l’Otan est déployée et que nous envoyons plusieurs centaines de militaires pour protéger les frontières de l’Alliance", a ajouté la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, "Parce qu’effectivement, personne n’y croyait, mais il y a une guerre sur le continent européen.", a-t-elle poursuivi. "Nous sommes toujours dans une mission de protection, de dissuasion pour sécuriser un territoire. Nous n’avons pas d’indication aujourd’hui sur le fait que la Russie pourrait viser un pays de l’Otan", a précisé la ministre.

Une partie des effectifs belges est déjà en Roumanie. Une autre, constituée des véhicules, rejoint ce pays par la route.

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Guerre en Ukraine: départ des militaires belges en Roumanie (8/3/22)

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Qui sont ces 300 militaires belges déployés en Roumanie dans le cadre de l’OTAN ?

Il s’agit de militaires appartenant au "1/3 bataillon de lanciers", issu de la fusion du 1er et du 3e régiment de lanciers. Ils sont casernés à Marche-en-Famenne, appartiennent à la composante "Terre" des forces armées belges et font partie de la brigade motorisée.

Ces hommes, engagés dans la mission de défense des frontières extérieures de l’OTAN, ont été préparés à cette mission. Le chef de la composante "Terre", le général-major Pierre Gérard expliquait, la semaine dernière, lorsque le bataillon se préparait à partir, que ces militaires ont été formés pour intervenir dans le cadre de la Force d’intervention rapide de l’OTAN. Pour cela, ils ont bénéficié de 15 mois d’entraînement, de 11 périodes de semaines de camps en Tchéquie, en Allemagne et en Belgique. Ils ont été "certifiés OTAN" en décembre 2021.

En Roumanie, leur déploiement est prévu pour une durée indéterminée. Cependant, jeudi dernier, lors de la visite de la ministre de la Défense à la caserne de Marche-en-Famenne, une période de trois à six mois a été annoncée, à adapter "en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain".

Le détachement belge en Roumanie est constitué, outre les militaires destinés au combat, de personnel d’encadrement et d’appui logistique, d’artilleurs et de spécialiste du génie. Une composante médicale est aussi prévue.

Dans le passé, ce bataillon a déjà été déployé au Kosovo et en Afghanistan, à plusieurs reprises. En 2016, ce bataillon a aussi été déployé un mois en Lituanie, suite à une décision de l’OTAN visant à protéger des pays membres plus exposés au risque d’agression russe, après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

La Belgique défend aussi l’OTAN dans l’espace aérien des Etats baltes

Alors qu’elle déploie des hommes en Roumanie pour défendre l’OTAN, la Belgique est déjà active sur le flanc oriental de l’alliance atlantique.

Quatre F-16 belges et une cinquantaine de militaires sont déployés en Estonie depuis fin 2021 pour contribuer à la police aérienne des pays baltes. Les quatre F-16 se sont entretemps vus attribuer une plus grande zone à surveiller.

La Belgique s’est aussi dite prête à fournir deux F-16 supplémentaire, si la demande en était faite.

La Belgique a aussi aidé directement l’Ukraine

L’OTAN n’intervient pas sur le territoire ukrainien, puisque l’Ukraine n’est pas membre de l’Alliance atlantique. Les militaires belges ne seront donc pas amenés à opérer sur le sol ukrainien. En revanche, la Belgique a fourni de l’aide militaire directe à l’Ukraine sous forme de matériel.

En réponse à la demande d’aide introduite par le président ukrainien Zelensky, la Belgique avait annoncé, fin février, l’envoi de fusils d’assaut. Il s’agit de fusils du modèle FNC, fabriqués par la FN Hertal. Dans un premier temps, la Belgique avait décidé d’envoyer 2000 fusils d’assaut. Elle en a ensuite ajouté 3000 pour porter à 5000 le nombre de fusils-mitrailleurs expédiés en Ukraine. 200 missiles antichars complètent le lot d’armement, auquel la Belgique a jouté 3800 tonnes de fuel.

Mercredi dernier, à la Chambre, la ministre de la Défense, avait confirmé que la plus grande partie de ce stock d’armement était déjà arrivée en Ukraine.

Avant cet envoi de matériel militaire, la Belgique avait décidé d’envoyer du matériel de protection militaire, essentiellement des casques et des gilets pare-balles. La Défense avait aussi fourni à l’Ukraine du matériel d’observation, des jumelles, par exemple.

Enfin, B-Fast, l’équipe spécialisée dans l’aide d’urgence a été mise en alerte. L’hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek est aussi prêt à accueillir des blessés ukrainiens, particulièrement des grands brûlés.

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