RTBFPasser au contenu
Rechercher

"Demain, et après ?" : le groupe Horizon

Demain et Après : habitat thermo-efficace

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

23 janv. 2017 à 17:07 - mise à jour 23 janv. 2017 à 17:07Temps de lecture3 min
Par Céline Liegeois

Comment imaginer un futur plus durable ? Un promoteur liégeois s'est posé la question, il y a plusieurs années déjà. Il a créé l’éco-quartier des Pléiades, qui fait aujourd'hui figure d'exemple. Situé en bordure du canal Albert, le quartier compte 150 maisons et appartements au look contemporain, équipés de panneaux solaires, et orientés plein Sud. Quand il a fondé le groupe Horizon en 2002, Serge Lejeune avait déjà un objectif très clair : construire des bâtiments moins énergivores. Mais ce qui semble évident aujourd’hui l’est beaucoup moins en 2009, quand le projet sort de terre. "C’était les martiens qui arrivaient à Visé ! sourit Serge Lejeune. Nous avons créé un concept à l’époque, que nous utilisons toujours aujourd’hui, le concept thermo-efficace. Vous avez de grandes baies vitrées au Sud pour capter l’énergie solaire, mais au Nord, vous verrez que ce sont de petits vitrages ou des portes de garages. Une casquette débordante permet d’éviter que soleil ne pénètre trop dans les pièces en été. Et l’avantage de la toiture plate c’est qu’elle permet d’orienter parfaitement les panneaux solaires".

Nous croisons Michèle, elle rentre chez elle après une promenade à pieds. Ce qu’elle apprécie nous dit-elle, c’est "La lumière du matin au soir, et être à Visé sans y être".

Pompe à chaleur

A l'intérieur des habitations aussi, tout est étudié pour réduire la consommation d’énergie. Serge Lejeune nous fait visiter les installations de la maison : pompe à chaleur et ventilation double flux avec récupération de chaleur équipent les maisons, et un module de régulation qui permet d’adapter la ventilation ou de réguler le chauffage. Mais la particularité la plus étonnante se trouve dans un grand bâtiment situé à la lisière du quartier. Une chaufferie, dans laquelle est stocké un tas de copeaux de bois, issus notamment de scieries belges. Un semi-remorque déverse tous les 15 jours des détritus de bois dans le silo. Une vis sans fin alimente les deux chaudières collectives qui fournissent la chaleur à toutes les habitations, mais aussi à l’école voisine et à un hall omnisports.

"Quand nous avons mis ceci en place, se souvient Régis Ortmans, le baril de pétrole flirtait avec les 150 dollars. Sachant que la maison consomme beaucoup d’énergie, on a voulu réfléchir autrement. On a dû se battre avec les autorités pour pouvoir mettre en place quelque chose qui aujourd’hui est dans le giron des intercommunales ".

Chaque foyer dispose d'un compteur individuel. l'été les panneaux solaires prennent le relais pour l’eau chaude. Ces équipements entrainent un surcout aujourd’hui d’environ 5 à 6 %. "Le bâtiment passif, pour nous, c’est aller trop loin. Ce que nous avons conçu, c’est quelque chose qui est économiquement payable et qui amène des économies drastiques".

Nando Luliano est l'un des premiers acquéreurs. S'il apprécie la convivialité de son quartier, c'est sa faible consommation d'énergie qui l'étonne toujours, 6 ans plus tard. "Vous touchez les radiateurs, ils sont tièdes. Pourtant, vous sentez la température de la maison, c’est agréable. Pour le chauffage, nous payons entre 600 et 800 euros par an pour 200 mètres carrés. Et si nous économisons dans la maison, nous faisons du bien à la planète".

Selon Régis Ortmans, la consommation moyenne d’une habitation est de 3l/m²/an (équivalent mazout). En 2015, le groupe était invité à la COP21 à Paris, puis il y a quelques mois à la COP22 de Marrakech, pour partager son expérience.

Aller plus loin

De tels concepts sont devenus aujourd’hui la norme en Belgique, le groupe a montré le chemin, mais il faut aller beaucoup plus loin relativise Marc Jortay, le président de la Chambre des urbanistes de Belgique. "Pourquoi ne pas mutualiser d’autres éléments, comme les garages ou les buanderies ? Ce qui me dérange ici c’est que l’on recrée une structure à l’extérieur de la ville. Je souhaiterais que l’on réfléchisse plutôt à la requalification d’anciens quartiers dans les villes existantes, avec les mêmes principes, cela permettrait de requalifier, redynamiser les centres urbains voire la périphérie de certaines villes. Je souhaiterais également voir un lien entre l’évolution de l’habitat et l’évolution des transports et de la mobilité, par exemple en liant la voiture à l’habitat."

Le projet, toujours en cours de construction, évolue avec la demande. Aujourd’hui, les acheteurs se détournent des maisons au profit des appartements. Le promoteur liégeois, qui emploie une trentaine de personnes, espère décliner son concept au-delà de nos frontières. Avec un bureau à Dubaï, s'ouvrent de nouveaux horizons.