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Flexibilité maximum, risques d'accidents... la vie des livreur Deliveroo n'est pas de tout repos

Vis ma vie de livreur : les conditions de travail chez Deliveroo

JT 19h30

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28 juil. 2017 à 16:31 - mise à jour 30 juil. 2017 à 18:24Temps de lecture2 min
Par Pauline Poudou avec A. Delvoye

Ce jeudi, les livreurs de Deliveroo se rassemblaient à Ixelles, au quartier Bailli, pour dénoncer leurs conditions de travail. Ce rassemblement fait suite à l'annonce de la délocalisation du Customer Service à Madagascar. Ce service vient en aide aux livreurs lorsqu'ils ont un problème ; il contacte les clients s'il faut réorienter la commande, prévient le restaurateur ou encore appelle une ambulance s'il y a eu un accident.

Un service de proximité bien loin

Le Customer Service regroupe actuellement une équipe de 14 travailleurs sur Bruxelles qui conseille les livreurs Deliveroo de la capitale mais aussi de partout en Belgique. Alors beaucoup voient mal comment ils pourraient se faire aider depuis l'autre bout du monde, avec des gens qui ne connaissent pas la Belgique.

Pas d'assurance

Les livreurs Deliveroo peuvent soit se mettre sous statut d'indépendant, soit passer par la Smart, qui permet d'avoir un statut de salarié et une certaine protection sociale, par exemple avec un assurance en cas d'accident. Les livreurs en statut étudiant passent tous par la Smart.

Robin Debecker a 22 ans, il était livreur étudiant sous Smart, mais et est devenu livreur indépendant depuis peu car il faisait beaucoup d'heures. Il raconte les difficultés du job. "J'étais conscient que rouler dans une ville telle que Bruxelles comportait un certain risque parce qu'il y a beaucoup de voitures qui ne font pas attention. C'est vrai que ce n'est vraiment pas rare, ne serait-ce que pour une livraison, qu'on se fasse doubler assez dangereusement par une voiture ou bien qu'on se fasse poursuivre par une autre voiture et qu'on doive faire face à la colère de certains conducteurs".

Mardi dernier, Robin a eu un accident en fin de service, une voiture lui a coupé la priorité. "J'ai eu un choc frontal. Je suis tombé au sol avec une grosse brutalité". Aujourd'hui, il a la clavicule cassée en plusieurs morceaux et n'est plus couvert par son travail. "Je ne suis pas assuré du tout par le travail donc ça va se jouer essentiellement sur l'assurance de la partie adverse, le chauffeur qui m'a percuté". Deliveroo ne lui aurait pas clairement expliqué qu'en devenant indépendant, il n'aurait plus le droit à l'assurance du travail.

Grande flexibilité dans les trajets

Si les conditions de travail des "bikers" sont médiocres de par les dangers de la route, la météo ou leur statut même, elles sont aussi mises à mal par le nombre de kilomètre parcourus. Mouhcine Bouchefra est étudiant et travaille chez Deliveroo depuis novembre dernier. "Le jour de la formation, le formateur nous a expliqué qu'on pouvait recevoir une commande de 2 à 2,5 kilomètres voire 3 - mais c'était vraiment le maximum - entre l'endroit où on se situait et le restaurant. Mais au fil du temps, j'ai remarqué que les kilomètres n'étaient pas vraiment respectés et qu'on pouvait recevoir une commande à 5-6 kilomètres et on nous disait qu'on était obligé de la faire".

La flexibilité, c'est aussi ce qui pousse à faire ce genre de travail. Antoine Willemart est étudiant, il choisit ses horaires, des shifts de trois ou quatre heures et c'est ce qui lui convient "Je suis payé 9,20 euros de l'heure et il y a des bonus si on fait trois commandes en une heure".

Des conditions de travail chez Deliveroo qui ne dérangent pas certains mais qui étaient dénoncées, en plus du projet de délocalisation, lors du rassemblement.

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