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"Défense de jouer", une exposition sur le travail des enfants, au Bois du Cazier

"Défense de jouer" une exposition au Bois du Cazier
18 sept. 2019 à 13:25 - mise à jour 18 sept. 2019 à 13:25Temps de lecture2 min
Par Nicolas Rondelez

Depuis 2008, l’ancien site minier du Bois du Cazier, à Marcinelle, fait partie de la "coalition internationale des sites de conscience". Sur le site de cette coalition on lit : "la Coalition a été fondée en 1999, quand neuf musées répartis sur quatre continents se sont associés dans un même but ; celui de favoriser l’engagement citoyen en usant du pouvoir des lieux de mémoire pour engager un nouveau dialogue sur les questions contemporaines. Selon la Coalition, l’histoire nous oblige à agir, à écouter et à tirer des leçons du passé pour bâtir un avenir meilleur. Aujourd’hui, la Coalition recense plus de 275 membres répartis dans 65 pays, et chacun d’entre eux fait leur devoir de mémoire tout en incitant la prise d’actions pour résoudre les problèmes actuels en matière des droits de l’homme". C’est dans le cadre de son engagement dans la coalition que le Bois du Cazier a mis sur pied cette exposition.

152 millions d’enfants travaillent à travers le monde

Exposition "Défense de jouer" au Bois du Cazier

Cette année, on célèbre les 30 ans de la convention internationale des droits de l’enfant. À l’exception des Etats-Unis qui l’ont bien signée mais pas ratifiée, cette convention adoptée en 1989 est d’application dans le monde entier. Pourtant, et bien que les textes mentionnent explicitement le droit au développement personnel et à l’éducation, on estime à 152 millions le nombre d’enfants au travail dans le monde. Une situation à laquelle souhaite sensibiliser l’exposition en s’appuyant, entre autres, sur les portraits d’enfants qui travaillent. Comme Nurislam, 9 ans, qui travaille dans un atelier de confection de jeans au Bangladesh et gagne 0,80€ par jour. Comme Malika, 11 ans, cueilleuse de coton en Ouzbékistan, pour un salaire de 0,35€ par kilo récolté. Ou encore comme Tarkwa, 13 ans qui transporte l’or extrait d’une mine au Ghana pour 1,98€ par jour. L’exposition permet de voir leur visage, lire ou entendre leur témoignage, regardez des vidéos qui présentent leur labeur. "Le but est vraiment de sensibiliser au mieux les visiteurs, explique Christelle Dety, commissaire de l’exposition. Nous voulons offrir l’opportunité aux visiteurs, enfants comme adultes, l’occasion d’entendre, de voir, de sentir des odeurs, de toucher… Solliciter tous les sens afin que chacun puisse comprendre la réelle pénibilité de ce travail des enfants".

Faire des visiteurs des consomm’acteurs

"Défense de jouer", une exposition sur le travail des enfants, au Bois du Cazier

Un des espaces de l’exposition est dédié à l’expérimentation. On s’accroupit sur un tas de briques et on fait comme ces enfants qui toute la journée moulent des briques et les retournent pour les faire sécher au soleil. On s’agenouille devant un métier à tisser. On soulève et on porte des sacs remplis de 20 kilos de noisettes comme le font des jeunes filles en Turquie, les acheminant sur des chemins escarpés sur des centaines de mètres… "Le fait de faire l’expérience permet au public d’être vraiment conscient de la pénibilité de ces tâches", insiste Christelle Dety.

Le but ultime de cette exposition, c’est de rendre les visiteurs conscients également de ce qu’ils peuvent faire pour ne pas favoriser le travail des enfants à l’autre bout du monde. "La mondialisation s’impose à tous, explique encore la commissaire de l’exposition, et nos habitudes peuvent avoir impact sur les enfants qui travaillent à l’autre bout du monde. Le chocolat est un bon exemple. Dans l’exposition, on a le témoignage d’un enfant qui travaille tous les jours dans une plantation de cacao. Mais à la fin de l’exposition, on propose de déguster un morceau de chocolat fabriquer à base de fèves de cacao produites dans des plantations durables, attentives à l’éthique et dont on est sûr qu’elles n’emploient pas d’enfants".

L’exposition "Défense de jouer" est accessible au bois du Cazier jusqu’au 8 décembre.

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