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Découvrez l’histoire de Doel, la ville fantôme en périphérie d’Anvers

Doel, ville fantôme ?

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21 sept. 2022 à 14:32Temps de lecture2 min
Par Philomène Parmentier

Dans deux jours, la Belgique va éteindre le réacteur de Doel 3. L’occasion de reparler du village de Doel, d’autant plus qu’il avait un festival électro à Doel ce week-end.

7000 festivaliers se sont rendus à Doel pour la troisième édition d’un festival électro dans cette ville fantôme. Située à quelques centaines de mètres de la ville, l’imposante centrale nucléaire qui crache de la fumée blanche laisse inévitablement les esprits imaginer les scénarios les plus farfelus. On pense à une alerte nucléaire, une fuite ayant contraint les riverains à tout quitter en laissant leurs biens derrière eux.

La réalité est sensiblement différente, Doel est idéalement situé entre la portion la plus large de l’estuaire de l’Escaut et le port d’Anvers, pile sur la voie d’accès vers la mer. Dans les années 60, il est question de supprimer cette ville de la carte. Le Port d’Anvers a entamé les démarches nécessaires pour faire exproprier la population locale et construire un nouveau dock sur les terres convoitées.

Près de trente ans plus tard, début des années 90, c’est acté et l’expropriation des habitants est ordonnée. Beaucoup se sont exécutés, près de 99% des habitants de Doel ont progressivement vidé les lieux, laissant sur place quelques récalcitrants encore présents aujourd’hui.

Les évaluations diffèrent sensiblement, mais on estime qu’une vingtaine de personnes résident encore dans les environs. Des contestations ont été introduites, la justice a lentement fait son travail, et le gouvernement flamand a fini par statuer en 2019, que Doel ne serait pas détruite au profit du port. Aux autorités, désormais, de revendre les maisons acquises au fil du temps, et de lancer un plan de développement des lieux.

Le décor actuel de la ville fait penser à un film d’anticipation qui aurait vu un certain virus toucher toute une population. Et cela amuse les fans d’Urbex qui arpentent les ruelles désertes et découvrent les façades décrépites, quand elles ne sont pas tout bonnement en ruine. Les habitations sont inaccessibles, fenêtres et portes d’entrée ayant été soigneusement recouvertes de plaques de bois ou de métal pour empêcher les badauds d’y pénétrer. Les dizaines de voyeurs qui se baladent pratiquement tous les week-ends dans cette étrange ville fantôme située en périphérie anversoise ont le sentiment de se retrouver dans un décor de cinéma, la reconstitution d’un village soudainement et brutalement laissé à l’abandon. Comme si une violente épidémie faisant passer le Sars-Cov 2 pour un rhume avait contraint la totalité de la population à vider les lieux en quelques heures.

Puis il y a les graffitis, les œuvres de street art élaborées et colorées qui ornent les murs. C’est une seconde vie qui s’est emparée de Doel, devenue au fil des années, un lieu d’expression artistique et de tourisme presque macabre.

Le festival électro qui a lieu à Doel colle parfaitement avec l’atmosphère de l’endroit, de la techno atmosphérique, planante, ou évocatrice des années 70 et 80 est programmée tout le week-end. Les bars serviront la bière et le gin local, le catering des artistes et du crew est fourni par les deux restaurants encore en activité à Doel, et 2.5% des revenus du festival seront reversés à un fonds de développement pour le village.

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