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Décès de Véronique Pirotton: un sachet au cœur de l'énigme?

Décès de Véronique Pirotton: un sachet au cœur de l'énigme?
23 janv. 2014 à 05:57 - mise à jour 23 janv. 2014 à 09:142 min
Par OPPENS Xavier Van

Dès les premiers interrogatoires, le député Wesphael a d'ailleurs évoqué la présence, dans la salle de bain, d'un sac en plastique posé sur le visage de son épouse, qui était couchée, avec un bras replié sous son dos. La thèse des avocats du politicien liégeois, c'est que Véronique Pirotton a pu s'étouffer elle-même, soit volontairement dans un moment de déprime, soit accidentellement dans un état second à cause de l'alcool et des médicaments.

Le parquet de Bruges, de son côté, exclut que le décès de la femme de Bernard Wesphael soit la conséquence d'un suicide. Tout comme l'avocat de la famille de la défunte.

Le sac plastique a évidemment été envoyé en laboratoire, pour analyse. Il s'agit plus précisément d'un sachet, blanc translucide, d'une épaisseur de quelques microns, comme il s'en trouve dans les poubelles et les sanitaires. Des marques de fard à cils ont effectivement été repérées sur l'une des faces externes. Ce qui semble correspondre à la version du député Wesphael. Et, dans une lettre qu'il a envoyée à un ami, il indique que les analyses ADN concluent à l'absence de traces à lui, et la présence de traces à elle. Ses avocats auraient d'ailleurs demandé un examen plus approfondi des empreintes digitales, persuadés de détenir là un élément à décharge.

Les recherches sont en cours. Le sachet n'a probablement pas encore livré tous ses secrets.

Que s'est-il passé au sixième étage de l'hôtel Mondo ?

Les policiers ont minutieusement reconstitué les heures qui ont précédé le décès. Nous avons pu nous procurer le rapport en question.

Et l'analyse des appels téléphoniques, des SMS, et des images de vidéosurveillance le montre: le couple s'est trouvé au centre d'une curieuse spirale de ménage à trois.

A 10H33, Bernard Wesphael et Véronique Pirotton s'embrassent. Puis elle s'écarte pour un coup de fil à son amant. A 14H21, elle lui envoie un message qui commence par "mon amour".

A 15H17, Bernard Wesphael envoie à l'amant cette phrase: "regarde bien, maintenant, pauvre homme". Dans les minutes qui suivent, l'amant contacte à quatre reprises la réception de l'hôtel, puis, à 15H30, il reçoit de sa maîtresse ce message "c'est fini".

Les époux quittent alors l'hôtel dans l'après-midi. Ils y reviennent à 19H31, main dans la main et s'assoient au salon de l'hôtel. Un quart d'heure plus tard, Véronique Pirotton part s'isoler au toilettes et tente, par deux fois, d'appeler son amant. Le personnel de la réception note qu'elle titube, qu'elle est ivre. Au contraire de Bernard Wesphael, calme dans un premier temps. Mais par la suite, un témoin constate qu'il sort pour fumer une cigarette, et là plutôt nerveusement. Le reste se déroule dans le huis clos de la chambre.

Durant 20 à 30 minutes, selon les témoignages, Véronique Pirotton crie, elle frappe les vitres de la chambre 602. Des occupants d'une chambre voisine déclarent aux policiers qu'ils croyaient entendre là les manifestations d'une scène sexuelle un peu hard. Il s'agissait en fait d'une altercation entre les deux époux.

Tous ces éléments, cette chronologie, ne plaident réellement ni à charge ni à décharge, mais ils permettent de mieux comprendre le climat au sein du couple. Un mélange de sentiments qu'il n'est pas évident de démêler.

Michel Grétry et Ju. Vl.

L'invitée : K. Gérard, présidente de la cour d'assises de Bruxelles

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Le point sur l'enquête Wesphael

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