RTBFPasser au contenu

Décès de Colin Powell : retour sur son allocution qui a fait le tour du monde

Former US Secretary of State Colin Powell
18 oct. 2021 à 14:292 min
Par Nesrine Jebali avec agences

Colin Powell, l’ancien secrétaire d’État sous George W. Bush, est décédé à l’âge de 84 ans de "complications liées au Covid-19", a annoncé sa famille lundi.

Avocat de la guerre en Irak, Colin Powell avait fait le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, une longue allocution sur les armes de destruction massives (ADM) prétendument détenues par l’Irak, des arguments qui ont servi à justifier l’invasion du pays.

Cette intervention en question était très attendue et a duré 80 minutes. Trois grands volets ont été abordés pour démontrer que les Etats-Unis avaient des preuves contre l’Irak.

Loading...

Trois volets à l’allocution

Colin Powell avait décidé de commencer son allocution avec une preuve. Il s’agissait d’un message capté peu de temps avant l’invasion du pays et selon lui, deux officiers irakiens voulaient dissimuler des éléments avant une visite des inspecteurs. Il affirmait haut et fort, qu’il s’agissait d’une obstruction des Irakiens faite aux inspecteurs de l’ONU.

Colin Powell avait également appuyé son propos en projetant des photos satellites. Pendant l’allocution, il montre du doigt des sites où, selon lui, les Irakiens mettaient au point des armes chimiques.

Il avait ensuite comparé deux photos, sur la première, on y voyait clairement des camions de décontamination. Puis, sur la deuxième photo, deux mois plus tard, tout a disparu et la terre a été retournée pour cacher toute activité suspecte.

Cette première partie s’est conclue sur un échec au désarmement. Selon lui, le régime de Saddam Hussein avait fait tout ce qu’ils ont pu pour que les inspecteurs ne trouvent absolument rien.

Les armes de destruction massive

Le deuxième volet a traité des armes de destruction massive et des missiles à longue portée. L’ancien chef de la diplomatie américaine a affirmé que l’Irak voulait développer des armes nucléaires.

Le chef de la diplomatie américaine avait brandi un flacon d’anthrax pour dénoncer l’existence d’armes biologiques. Il avait également fourni une photo non identifiée d’un drone avions sans pilote qui pourrait transporter des armes chimiques et biologiques. A cette époque, et selon lui, Saddam Hussein possédait déjà deux des trois composantes nécessaires pour fabriquer une bombe nucléaire pour laquelle il aurait des plans.

Enfin, le troisième argument pointé par Colin Powell lors de cette allocution était de démontrer les liens entre Saddam Hussein et le réseau Al-Qaïda. Selon lui, une vingtaine de membres d’Al-Qaïda sont basés à Bagdad. Pour appuyer son propos, Colin Powell avait montré plusieurs photos, dont celle d’Al Zarqaoui, un Jordanien de 36 ans considéré comme un des responsables d’Al-Qaïda.

Il a admis par la suite que cette prestation était une "tache" sur sa réputation : "C’est une tache parce que je suis celui qui a fait cette présentation au nom des Etats-Unis devant le monde, et cela fera toujours partie de mon bilan."

ONU: Colin Powell admet s'être trompé dans le dossier des armes de destruction massive en Irak (archives)

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Loading...

Sur le même sujet

05 nov. 2021 à 19:31
1 min