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Décès d'un sans-abri à Namur: la Ville va revoir le fonctionnement de son abri de nuit

Vincent Renier sous sa couverture qu'il ne "voulait plus quitter" (Namur, janvier 2021)
20 janv. 2022 à 08:593 min
Par Nicolas Lejman

Le décès par hypothermie de Vincent Renier le 11 janvier dernier devant la gare de Namur a fait l’objet de plusieurs interpellations ce mardi soir lors du conseil communal. Les questions posées par Thierry Warmoes (PTB, opposition), Fabian Martin (PS, opposition) et Anne Hubinon (Ecolo, majorité) ont porté à la fois sur l'aide d'urgence envers les personnes à la rue et sur les moyens mis en œuvre pour lutter de manière plus structurelle contre le sans-abrisme.

Quelques heures encore avant son décès, alors qu’il recevait la visite du Relais social urbain namurois (RSUN), Vincent avait réitéré son refus de se rendre à l’abri de nuit, un endroit qu’il préférait ne plus fréquenter car on y lui avait volé un jour des effets personnelsUne situation qui interpelle le chef de groupe PTB, "C’est un échec pour tout le monde" déplore Thierry Warmoes, "Ce serait trop facile de dire 'voilà c'était son choix de ne pas y aller et dommage il est mort'. Non. On doit pouvoir s'interroger : pourquoi une partie des gens ne veulent pas s'y rendre et remettre ça en question".

Saluant d’abord le travail effectué par les équipes sur le terrain et rappelant qu’un encadrement existe déjà pour empêcher les agressions physiques et garantir la sécurité ainsi que le confort des bénéficiaires, l’échevin en charge des affaires sociales et président du CPAS Philippe Noël (Ecolo) s’est engagé à réévaluer le fonctionnement de l'abri de nuit: "Nous allons entamer, tout prochainement, un processus de réflexion sur le projet social et éducatif de l'abri de nuit, accompagnés par un opérateur externe qui vient d'être désigné par le collège le 14 décembre dernier. Ce processus permettra de remettre sur la table l'ensemble du projet, dans ses différentes dimensions. Toutes les questions qui se posent sur les horaires, la sécurité, l'organisation, l'accessibilité et le public visé, l'accueil des personnes présentant des problèmes de santé physique ou mentale, les collaborations, la finalité même de l'abri de nuit dans le paysage social namurois, seront discutées sans tabous".

Éradiquer le sans-abrisme en 2030

Car en filigrane du décès dramatique de Vincent Renier, c’est la stratégie globale de la Ville de Namur pour sortir les personnes de la rue qui fait l’objet de questionnements, l’ensemble des groupes politiques ayant déjà voté, il y a près d’un an, une charte qui vise à éradiquer le sans-abrisme d’ici 2030. "Il faut que ça dépasse l'engagement, il faut qu'on mette en place des actions concrètes pour atteindre cet objectif qui doit, à mon sens, ne plus être un objectif à 2030 mais au plus vite" exhorte le chef de groupe PS Fabian Martin, "Il faut pouvoir mettre en place de nouveaux outils comme ceux qui sont permis par la région sur les logements inoccupés. C'est totalement scandaleux de laisser des logements vides ou bien de favoriser la spéculation immobilière qui implique des logements inabordables. Il faut soit mener la carotte en essayant d'établir des conventions de propriétaires solidaires, soit mener le bâton avec des réquisitions de logements". 

L'échevin Philippe Noël abonde dans ce sens: "Le logement structurel est un levier indispensable de la fin du sans-abrisme" et précise que 47 personnes ont déjà pu être sorties de la rue depuis le lancement en 2015 du projet Housing First et que 30 autres personnes sont toujours suivies à l'heure actuelle. Pourtant, malgré les efforts déployés, Philippe Noël reconnait que les logements privés disponibles restent insuffisants: "La Ville de Namur travaille quotidiennement dans cette dynamique via plusieurs procédés, comme l'agence immobilière sociale ou encore le service action-logement du CPAS. Cependant, ce travail intensif de recherche de logements ne porte pas tous ses fruits attendus. On manque encore de propriétaires prêts à louer leur biens à des personnes fragilisées". 

S'il partage avec les conseillers qui l'interpellent la volonté d'intensifier cette stratégie de relogement, Philippe Noël n'estime pas pour autant prioritaire d'aller jusqu'à ordonner des réquisitions: "Le Collège a récemment décidé de prioriser la création de logements publics, ou mise en gestion publique dans les charges d'urbanisme imposées aux promoteurs immobiliers" rappelle t-il, "Et la législation qui permet les réquisitions comporte certains obstacles, ce qui nous a conduit à privilégier le processus de prise en gestion des taxations."

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