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Décapitations: "Nous ne nous laisserons pas intimider", dit Obama

Ecœurement après la décapitation d'un deuxième journaliste américain
03 sept. 2014 à 02:26 - mise à jour 03 sept. 2014 à 10:123 min
Par Belga News

"Les services de renseignement américains ont analysé la vidéo diffusée récemment et montrant le ressortissant américain Steven Sotloff et ont estimé qu'elle était authentique", a indiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

Dans ce document intitulé "deuxième message à l'Amérique", on peut voir la mise à mort de Steven Sotloff, journaliste de 31 ans. Un homme habillé de noir condamne l'intervention des Etats-Unis en Irak et tue le journaliste. Il présente ensuite un autre otage, un Britannique, et menace de l'exécuter. "Je reviens Obama, et je reviens à cause de votre politique étrangère arrogante à l'encontre de l'Etat islamique", déclare l'homme en noir. 

Le président américain Barack Obama a répondu ce mercredi que les Etats-Unis ne se laisseraient pas "intimider" par l'Etat islamique après la décapitation d'un deuxième journaliste américain revendiquée par les jihadistes ultra-radicaux.

Dénonçant "un acte de violence horrible", Barack Obama a assuré devant la presse à Tallinn, en Estonie, que l'objectif des Etats-Unis était que l'EI "ne soit plus une menace" pour la région. Mais il a souligné que cela prendrait du temps et ne pouvait se faire qu'en lien étroit avec des partenaires dans la région.

Disparu depuis un an

Porté disparu depuis douze mois, Sotloff, 31 ans, aurait été kidnappé le 4 août 2013 à Alep, en Syrie, près de la frontière avec la Turquie. Ce fin connaisseur du Moyen-Orient couvrait depuis des années le monde musulman. Natif de Miami, il a travaillé à la pige pour le magazine Time, l'hebdomadaire Christian Science Monitor, la publication Foreign Policy et plus récemment pour le journal World Affairs.

L'EI avait menacé de tuer Steven Sotloff dans une vidéo similaire où les insurgés montraient la décapitation de James Foley, qui avait été publiée sur internet le 19 août. Les jihadistes y affirmaient que Steven Sotloff serait le prochain à mourir, si les Etats-Unis ne cessaient pas leurs bombardements contre les positions de l'EI en Irak. 

La mère de Steven Sotloff avait récemment imploré le chef des jihadistes, Abou Bakr al-Baghdadi, d'épargner son fils: "Vous, le calife, pouvez accorder l'amnistie".

"Dégoûtant, révulsant, dégueulasse"

Cette nouvelle vidéo a provoqué l'indignation. "Nous sommes tous indignés par les informations en provenance d'Irak concernant les meurtres terribles de civils" par l'Etat islamique, "y compris la décapitation terrible d'un autre journaliste", a déclaré Ban Ki Moon lors d'un séjour en Nouvelle-Zélande.

Nouvelle décapitation : indignation internationale

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Le Premier ministre britannique David Cameron l' a qualifiée d'"absolument écoeurante et ignoble". Il a annoncé qu'il allait réunir le comité d'urgence du gouvernement mercredi matin.

Le président français François Hollande a condamné "avec horreur, si elle était confirmée, l'exécution abominable d'un Américain". "Cet acte barbare (...) révèle la nature ignoble" de l'EI, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'organisation Reporters sans frontières Christophe Deloire a déclaré à l'AFP : "C'est dégoûtant, révulsant, dégueulasse" qu'"il se trouve un groupe comme l'Etat islamique pour décapiter" les journalistes.

La plus puissante organisation de défense des droits musulmans aux Etats-Unis, le Council on American-Islamic relations (CAIR), a également condamné l'exécution de Steven Sotloff.

"Aucun mot ne peut décrire l'horreur, le dégoût et le chagrin ressentis par les musulmans aux Etats-Unis et dans le monde après cet acte de violence inconcevable et non-islamique perpétré par le groupe terroriste EI", relève le CAIR dans un communiqué. "Les actions criminelles de l'EI sont contraires à la foi de l'Islam."

La publication il y a deux semaines de la vidéo de l'exécution de James Foley avait fait l'effet d'un électrochoc aux Etats-Unis où de nombreuses voix avaient appelé le président Barack Obama à étendre les frappes aériennes sur le territoire syrien, où l'Etat islamique a mis sous sa coupe de vastes pans de territoires.

Mais le président américain s'est mis dans l'embarras la semaine dernière en déclarant : "Nous n'avons pas encore de stratégie", alors que les commentateurs attendaient plutôt l'annonce d'imminentes attaques en Syrie, comme c'est le cas depuis le 8 août en Irak.

RTBF avec Belga

La RTBF ne montre pas les images de l'Etat Islamique

Les rédactions de la RTBF ont décidé de ne pas diffuser d'images des mises en scène répétitives d'exécution des otages de l'Etat islamique. Cette décision concerne autant le web que la télévision et la radio qui évitera de faire des descriptifs imagés de ces séquences de propagande.

Les raisons de cette décision sont que nous ne souhaitons pas participer à la mise en scène de cette litanie macabres, ces répétitions abominables d'images de propagande de l'état islamique.

Cette politique se reflète dans l'usage du hashtag #ISISmediaBlackout sur les médias sociaux qui entendent décrire les crimes de l'Etat islamique mais pas faire sa propagande.

La rédaction en chef de la RTBF

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