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Chroniques

Déboulonner les statues

Déboulonner les statues
25 août 2014 à 09:372 min
Par Philippe Walkowiak

De ce qui filtre ou de ce que les futurs coalisés laissent aimablement fuiter, il ressort une constante : tout ce qui peut constituer du poil à gratter pour les socialistes a été mis sur la table !

Il est certain que pour quelques-uns, au MR comme à la N-VA, cela fait du bien et plus globalement, retrouver un peu de querelle idéologique après 25 ans de consensus gauche-droite voire même d’ alliances " contre nature " ( © Laurette Onkelinx) ne peut être que vivifiant pour une démocratie.

Arracher des symboles

Index, pensions des fonctionnaires, privatisation, dépense d’armement, baisse d’impôt pour les entreprises, chômeur mis au travail, compression des dépenses sociales, fonction publique, nucléaire, statut des syndicats, justice-express, etc. , etc., … un peu comme après une révolution, on se hâte de renverser les insignes ou statues de l’ancien pouvoir, la coalition de droite en gestation a l’ambition d’intervenir dans tous ces domaines, trop longtemps pour les partis qui la composent, mis sous le boisseau socialiste.

Un nouveau modèle de société paraît en préparation. Reste à savoir ce qu’il en restera lorsque cette appétence de réformes sera passée au crible de la réalité.

Loin de la coupe aux lèvres

L’actuel débat sur le service minimum dans les services publics illustre assez bien ce principe de réalité. Il y a d’abord le côté symbolique/idéologique voire uniquement pour enquiquiner syndicats/PS. Il ne pourra concerner concrètement que la SNCB, la plupart des autres services (TEC, enseignants,…) échappant au giron fédéral.

Comme le disait lui-même, Jo Cornu, le patron des chemins de fer (L’Echo, 22/08/2014), pourtant pas un marxiste de stricte observance, tout cela reste une solution théorique et impossible à mettre en œuvre.

Il en va sans doute de même avec la mise au travail des chômeurs : la mise en œuvre risque de coûter plus cher que l’éventuelle économie espérée.

Tout cela intervient qui plus est dans un contexte économique difficile, 17 milliards d’économies, des finances publiques à remettre à l’équilibre.

Mais toutes les réformes envisagées figurent depuis souvent longtemps dans les programmes des quatre partis en cours de négociation et donc il est naturel de retrouver tout cela au menu des négociations fédérales.

Reste à voir ce qu’il en restera ; il n’est pas toujours facile de déboulonner les statues.

 

Philippe Walkowiak

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