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Patrimoine

Débats sur la mémoire du colonialisme : une exposition sur les "zoos humains" invite à la réflexion à l’AfricaMuseum

L’exposition "Zoo humain. Au temps des exhibitions coloniales" est à voir jusqu’au 6 mars à l’AfricaMuseum de Tervuren

L’exposition temporaire "Zoo humain. Au temps des exhibitions coloniales" a été présentée lundi au musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, en présence du Secrétaire d’État à la Politique scientifique Thomas Dermine. Le musée invite les visiteurs à réfléchir sur l’impact de ce phénomène historique.

L’exposition met en lumière l’histoire d’hommes, de femmes et d’enfants venus d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique, exhibés en Occident, notamment dans le cadre des expositions universelles et coloniales. Ce fut le cas lors de l’Exposition internationale de Bruxelles en 1897 et de sa section congolaise organisée à Tervuren, qui est d’ailleurs à l’origine du Musée du Congo, qui sera érigé en 1898 (aujourd’hui AfricaMuseum).

"L’exposition s’attache à sortir de l’anonymat les populations exhibées […]. Et elle questionne le visiteur sur ses propres représentations du monde d’aujourd’hui."

Jusqu’en septembre, le débat est au cœur des MuseumTalks avec une quinzaine de débats liés à la thématique.

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Le parcours comprend plus de 500 documents et montre comment ces événements ont formé le regard de l’Occident sur les populations colonisées, utilisées tour à tour comme instruments de propagande, objets d’étude et sources de divertissement. Le phénomène des zoos humains a en effet fasciné pas moins d’un milliard et demi de visiteurs et a concerné près de 35.000 "figurants" victimes à travers le monde. Sept d’entre eux n’ont pas survécu.

Le destin de Saartjie Baartman est notamment évoqué. Cette Sud-Africaine avait été envoyée en Europe au début du XIXe siècle pour y être exhibée comme une "grande curiosité naturelle" en Angleterre, en Irlande et en France en raison de son postérieur proéminent. Après sa mort, la "Vénus hottentote", telle qu’elle était surnommée, a encore été "étudiée" en détail par l’anatomiste français Georges Cuvier. En 1994, l’Afrique du Sud de Nelson Mandela demanda le rapatriement de sa dépouille ; cette requête ne sera accordée qu’en 2002. Aujourd’hui enterrée à Hankey en Afrique du Sud, Saartjie Baartmat est devenue l’un des symboles du racisme du début du XIXe siècle.

L’exposition "Zoo humain. Au temps des exhibitions coloniales" est à voir jusqu’au 6 mars 2022 à l’AfricaMuseum de Tervuren.

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