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De premières retombées économiques en Belgique pour le F-35

F-35 : Premières retombées économiques pour la Belgique

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01 avr. 2021 à 14:31 - mise à jour 01 avr. 2021 à 14:313 min
Par Thomas Dechamps

L'achat d'une flotte d'avions de chasse F-35 par la Belgique va-t-il finalement se révéler payant ? Trois entreprises aéronautiques belges vont en tout cas bénéficier de gros investissements liés à ce choix stratégique effectué en octobre 2018 par le gouvernement Michel. Le gouvernement actuel table lui sur la création de 800 emplois à terme mais il a dû pour cela remettre la main au portefeuille.

Il y a peu, la ministre de la défense, Ludivine Dedonder le réaffirmait encore : pas question de remettre en cause l’achat par la Belgique des 34 chasseurs-bombardiers furtifs F-35A du constructeur Lockheed Martin négocié par le gouvernement précédent. Si l’on attend toujours de voir l’un de ces appareils voler dans le ciel belge, le sujet des éventuelles retombées économiques au sol est lui déjà d’actualité. Dernier épisode en date, l’annonce par les trois principales entreprises aéronautiques belges de la création d’une " joint venture ", une co-entreprise pour mettre en commun leurs capacités de production dans un but précis : produire les gouvernes arrières (les ailerons mobiles des ailes) des futurs F-35 vendus à l’international par le constructeur américain. Un accord qui n'aurait pas été possible sans la participation de la Belgique à l'achat de F-35 pour son armée de l'air. 

Au sein d’un secteur aéronautique belge particulièrement touché par la crise économique du coronavirus, le projet a au moins le mérite de mettre un peu de baume au cœur : " c’est une bonne nouvelle " commence sans hésitation Bernard Delvaux, le CEO de la SONACA, " cela nous permettra de développer des capacités industrielles sur notre site de Gosselies à et d’acquérir des compétences, de travailler en commun avec la SABCA et ASCO. Donc clairement on peut parler d’une bonne nouvelle " insiste-t-il.

Prudent à ce stade, le patron évoque une augmentation de personnel en lien avec cette nouvelle production de " 50 à 100 personnes " sur son site de Gosselies mais ce sont en tous les cas plusieurs centaines d'emplois qui devraient voir le jour car en plus de la SONACA, deux autres entreprises, la SABCA et ASCO donc, sont également concernées. Chacune de ces entreprises recevra directement quinze millions d’euros de subventions mais surtout, via leur " joint venture " (baptisée BeLightning) elles recevront des aides fédérales pour un total de 135 millions d'euros. Un investissement prélevée dans un pot de 277 millions prévu auparavant dans le cadre de ce qu'on appelle les "intérêts essentiels de sécurité" : " C’était initialement prévu par le gouvernement fédéral, et par la Défense en particulier, dès l’acquisition des F-35 ", poursuit Bernard Delvaux, " ils avaient mis de côté un budget qui permettait justement d’accompagner l’industrie dans ses investissements. Un projet comme celui-là est un projet très coûteux par rapport au chiffre d’affaire qui est généré mais c’est une façon pour nous de construire des compétences pour le futur et donc c’est très bien que quelque part le gouvernement fédéral reconnait cette possibilité pour l’industrie aéronautique belge dans son ensemble et nous aide dans cette démarche " complète-t-il.

 Avec des retombées estimées entre trois et quatre cents millions d’euros, on est effectivement encore loin des trois milliards et demi déboursés par la Belgique pour l'achat de cette nouvelle flotte d’avions de chasse.  Mais pour une entreprise comme la SONACA, qui a vu son chiffre d'affaire divisé par deux en 2020, cela reste une étape importante. Surtout lorsque l’on regarde dans le rétroviseur et que l’on se remémore le début de la success story qu’a représenté le contrat de l’assemblage des F-16 pour la société : " l’histoire se répète ou en tout cas j’espère qu’elle va se répéter puisque dans les années septante, avec ce qu’on appelait le contrat du siècle, nous avons eu l’occasion de faire l’assemblage du F-16 et la SABCA avait décroché la maintenance, et le fait d’ailleurs toujours, et c’est sur base, sur cette compétence que nous avons développé l’activité Airbus qui est notre activité principale aujourd’hui. Airbus n’aurait pas été accessible pour nous si l’on n’avait pas construit cette expérience F-16 auparavant " rappelle Bernard Delvaux. Un espoir qui ne devrait cependant pas se concrétiser avant 2025 ou 2026, en attendant, la SONACA a dû fermer quatre sites de production à l’étranger et mettre l’essentiel de son personnel belge au chômage économique. La SABCA elle s’en sort mieux puisqu’elle s’est récemment vue attribuer un nouveau contrat de maintenance des 80 F-16 de l’armée américaine sur le sol européen.

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