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Santé physique

De plus en plus d’hommes optent pour la vasectomie : une contraception définitive mal encadrée juridiquement ?

27 juil. 2022 à 05:13 - mise à jour 27 juil. 2022 à 12:54Temps de lecture3 min
Par Pascale Bollekens

Parce qu’ils ne veulent pas ou plus d’enfant ou pour porter la charge de la contraception, de plus en plus d’hommes optent pour la vasectomie. Signe que les mentalités changent, 12.000 hommes l’ont choisie en 2019 contre 8000 en 2017, surtout au nord du pays. Mais comme il n’y a aucune loi dans notre pays qui encadre ces stérilisations, c’est donc au cas par cas en fonction du médecin.

Marc Veys ne s’en cache pas, il a passé le cap il y a 20 ans. Il a opté pour la vasectomie, une petite intervention chirurgicale pour couper les canaux qui acheminent les spermatozoïdes depuis les testicules. Un moyen de contraception masculin définitif. Une décision de couple avant tout. " On s’est dit : partageons. Pourquoi est-ce que la femme prend toujours cette pilule qui démolit peut-être sa santé ? Est-ce que ce ne serait pas plus simple de passer à un acte technique, physique simple ?"

On ne touche pas à la libido ou à la qualité de l’érection

Le docteur Daniel Murillo, spécialiste de la fertilité masculine et féminine au CHU Saint-Pierre à Bruxelles est clair, c’est une intervention minime qui se fait le plus souvent sous anesthésie locale en une demi-heure et rassure les inquiets : "On ne touche que le petit tuyau qui envoie les spermatozoïdes, on ne touche ni aux hormones, ni à la libido, ni à la qualité de l’érection et encore moins au volume éjaculatoire (les spermatozoïdes représentent à peine 3% du volume). Il n’y a pas de changement au niveau du plaisir. Tout reste identique."

Il confirme que la vie sexuelle du couple peut en être améliorée sans cette épée de Damoclès qu’est une grossesse non désirée par échec de la contraception féminine.

Le médecin peut refuser la vasectomie, il n’y a pas de loi chez nous

En France, cette stérilisation masculine est encadrée par une loi. Le candidat à la vasectomie doit être majeur, avoir au préalable un rendez-vous chez un psychologue et il faut 4 moins au moins entre le premier rendez-vous chez le médecin et l’intervention. Chez nous, aucun cadre légal n’existe. C’est au cas par cas en fonction du médecin.

Marc Veys se souvient de sa première entrevue avec le praticien, et où celui-ci a tenté de le faire changer d’avis : "A 36 ans, n’êtes-vous pas trop jeune, et si vous voulez refaire votre vie plus tard, ou que vous devenez veuf (..) mais j’ai tenu bon."

Pour Daniel Murillo ce n’est pas une surprise, il n’y a pas de loi. Alors le médecin peut refuser une vasectomie : "Il y a deux droits qui s’opposent, celui du patient à l’autonomie et qui peut demander ce qui lui semble bon pour lui et de l’autre, il y a la clause de conscience du praticien qui n’est pas obligé de faire n’importe quoi non plus."

Après mûre réflexion avec son conjoint, une chose est sûre en tout cas, c’est que la vasectomie reste beaucoup moins invasive et risquée que la ligature des trompes chez la femme.

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