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"De l’amour, pas la guerre" : à Bruxelles, des femmes dénoncent les viols commis en Ukraine

"De l’amour, pas la guerre" : à Bruxelles, des femmes dénoncent les viols commis en Ukraine
08 mai 2022 à 14:303 min
Par Camille Wernaers pour Les Grenades

Ce dimanche 8 mai, une trentaine de femmes ont participé à une action devant le Parlement européen contre les violences sexuelles et les viols "utilisés comme arme de guerre en Ukraine".

Les femmes portaient des sous-vêtements blancs maculés de faux sang. Elles tenaient des drapeaux ukrainiens (ainsi que celui de la République démocratique du Congo) et des pancartes avec des messages comme : "Le corps des femmes n’est pas un champ de bataille", "Soldat, ton pénis n’est pas un tank", "On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas". "Le viol est un crime", ont également crié les femmes, le poing levé.

"Par notre action, nous souhaitons dénoncer ces violences, en Ukraine et ailleurs, et réaffirmer que nous, citoyennes, femmes, entendons et soutenons les survivantes", écrit le collectif. Elles font également le lien avec la culture du viol en général "qui favorise l’impunité des agresseurs, a fortiori dans un contexte de guerre".

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"Faire ensemble"

Laura (prénom d’emprunt) a participé à l’action. Elle explique aux Grenades : "Il s’agit d’une action assez spontanée de femmes qui s’intéressent à ce qu’il se passe en Ukraine. Notre action fait écho à celles qui ont déjà eu lieu à Tallinn et Riga mais aussi à Bruxelles ce vendredi 6 mai."

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Ce jour-là, une quinzaine de personnes, essentiellement des réfugiées ukrainiennes, avaient participé à la même action, appelant les dirigeants européens à faire leur possible pour que des enquêtes soient menées en Ukraine.

Le 26 mars, un autre collectif féministe avait mené une action à Bruxelles contre l’exploitation sexuelle des réfugiées, demandant également à l’Union européenne de réagir.

Nous souhaitons dénoncer ces violences, en Ukraine et ailleurs, et réaffirmer que nous, citoyennes, femmes, entendons et soutenons les survivantes

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"Bruxelles, merci"

Des Ukrainiennes sont également impliquées dans l’action de ce dimanche 8 mai. "Nous ne pouvons pas parler d’elles sans les entendre d’abord. Il faut aussi dire que cela n’existe pas qu’en Ukraine, cela se produit sur tous les lieux de guerre", réagit Laura. "Je suis très émue, c’est beau ce que nous arrivons à faire ensemble."

"Bruxelles, merci", lance une femme qui assiste à la scène. Alors que certaines femmes commencent à pleurer, une des participantes demande : "Est-ce qu’on peut se faire un câlin ?"

Les femmes s’assemblent, se prennent dans les bras puis forment un cercle. "Nous voulons de l’amour, pas la guerre", se mettent-elles à scander toutes ensemble, de plus en plus fort. L’action se termine par la lecture de deux poèmes, l’un en français, un autre en ukrainien.

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Les témoignages se multiplient

Depuis le 24 février dernier, date de l’invasion russe en Ukraine, les témoignages se multiplient, notamment celui de Katarina (prénom d’emprunt) : "Je vous raconte tout. Une fois pour toutes, il faut que les femmes sous occupation russe sachent qui ils sont et de quoi ils sont capables. Il faut que le monde sache. Ce n’est pas à moi d’avoir honte […] J’étais terrorisée. Ils pointaient leurs armes sur moi. Ils tiraient en l’air. […] tous les jours, ils venaient me violer."

Le viol devient alors un outil utilisé pour humilier, détruire et prendre le pouvoir

Amnesty International a également alerté à plusieurs reprises avoir recueilli des témoignages de viols et d’homicides extrajudiciaires en Ukraine. Une habitante d’un village situé à l’est de Kiev a déclaré à Amnesty International que, le 9 mars, "deux soldats russes étaient entrés chez elle, avaient tué son mari, puis l’avaient violée à plusieurs reprises sous la menace de leurs armes pendant que son jeune fils se cachait dans une pièce voisine servant de chaufferie. Cette femme a réussi à s’enfuir de son village et à rejoindre une zone sous contrôle ukrainien avec son fils."

L’organisation souligne : "Les homicides délibérés de civil·e·s, les viols, la torture et les traitements inhumains de prisonniers de guerre constituent des violations des droits humains et des crimes de guerre. Toutes les personnes qui commettent des crimes de guerre doivent être amenées à rendre des comptes devant la justice."

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"Si le viol dans la guerre a toujours existé ; le viol comme outil de guerre est lui, devenu endémique et quasi systématique dans les conflits contemporains. Le viol devient alors un outil utilisé pour humilier, détruire et prendre le pouvoir", analyse quant à elle l’ONG We Are Not Weapon of War ("nous ne sommes pas des armes de guerre").

Le 5 mai dernier, le Parlement européen a adopté une résolution exhortant les institutions européennes à s’emparer des conséquences de la guerre spécifiquement pour les femmes.

Marioupol en Ukraine : images satellites de fosses communes – JT 22 avril

Marioupol en Ukraine / images satellites de fosses communes

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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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