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On n'est pas des pigeons

De la viande belge de qualité qui respecte une juste rémunération des éleveurs ?

De la viande belge de qualité qui respecte une juste rémunération des éleveurs ?
07 juin 2021 à 07:393 min
Par Olivier Corroenne

La filière "Qualité Carrefour" est au banc d'essai de l'émission "On n'est pas des pigeons". A la loupe : la "Vache des pâturages", une appellation de cette filière, au rayon boucherie.

Carrefour boucherie: Vaches des Pâturages

On n'est pas des pigeons

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La "Vache des pâturages" est une viande proposée par des éleveurs belges, regroupés au sein de la coopérative "En direct de mon élevage". Mais est-elle vraiment plus qualitative et à quel prix ?

Le contrefilet plus cher

© Tous droits réservés

La "Vache des pâturages" passe 6 mois dans les prairies. Elle subit au moins 3 mois d'engraissement avec une alimentation sans OGM et sans soja. C'est dans le cahier des charges que les éleveurs ont signé avec les représentants de la filière "Qualité Carrefour". 

L'élevage dure entre 5 et 7 ans pour la vache. Le taureau, c'est 2 ans. Ca mange, donc, ça coûte. Donc, elle est plus chère à l'achat. Donc, ça se répercute dans le prix de vente.

Dans le supermarché, le contrefilet est néanmoins plus cher - 3 euros au kilo -  que le contrefilet classique. Mais il est différent.

Explications de Bertrand Moreau, responsable de l'atelier boucherie chez Carrefour : "Déjà, la "Vache des pâturages", c'est de la vache, l'autre c'est du taureau. L'élevage dure entre 5 et 7 ans pour la vache. Le taureau, c'est 2 ans. Ca mange, donc, ça coûte. Donc, elle est plus chère à l'achat. Donc ça se répercute dans le prix de vente"

Eleveur mieux payé, mais pas au "Prix juste"

Parce que derrière la viande, il y a des éleveurs, notamment une éleveuse qui prête d'ailleurs son image à la démarche marketing du distributeur.

Derrière la viande, il y a aussi un cahier des charges proposé par Carrefour avec un prix négocié directement avec les éleveurs.

Grâce à notre coopérative, on évite beaucoup de faux coûts de production, on évite des intermédiaires...

Béatrice de Laminne fait partie de la coopérative "En direct de mon élevage" qui traite avec Carrefour.

"L'agriculteur est quand même nettement mieux payé que dans un circuit normal. Grâce à notre coopérative, on évite beaucoup de faux coûts de production, on évite des intermédiaires, ce qui permet clairement de mieux rémunérer l'agriculteur"

Un vingtaine d'éleveurs fournissent ainsi une trentaine de têtes de bétail par mois à Carrefour.

Pour cette viande de qualité, le coût de production est plus élevé que celui des éleveurs industriels.

On peut toujours avoir 80 cents en plus, mais ce n'est pas évident.

Mais, la négociation sur le cahier des charges a-t-elle aussi dégagé une juste rémunération ?

Réponse de Béatrice de Laminne : "On peut toujours avoir plus, mais voilà, il faut aussi qu'on puisse vendre ce qu'on produit. On peut toujours avoir, comme le dit le "Prix juste" (ndlr : label officiel), 80 cents en plus, mais ce n'est pas évident".

Voilà certainement pourquoi, "Vache de pâturages" n'affiche pas le label "Prix Juste".

Label "Prix juste"

Ce label défend un relation commerciale équitable.

Il est proposé par un collège de 12 000 producteurs dans tous les secteurs de l'alimentaire.

Le prix du marché moyen est à 4,50 euros. Et on sait que si on n'est pas à 5 euros le kilo carcasse du prix au producteur, on va pas être à prix juste.

Mais avec le label "Qualité Carrefour" en boucherie, les discussions n'ont pas abouti comme le confirme Emmanuel Grosjean, coordinateur du "Collège des producteurs" : "C'est pas très compliqué, si je prends, en moyenne sur du bovin, le prix du marché moyen est à 4,50 euros. Et on sait que si on n'est pas à 5 euros le kilo carcasse du prix au producteur, on va pas être à prix juste. Après, il y a plein de situations particulières. Le coût de la qualité peut coûter un peu plus cher aussi, donc ça peut être un peu plus".

Avec ou sans label "Prix juste", Carrefour se démarque tout de même dans la grande distribution. Il est le seul à avoir développé avec 250 références, des filières "qualité" avec sa marque propre avec, c'est vrai, des prix calculés au plus juste. 

 


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