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De la friture sur la ligne entre Zuckerberg et Obama.

Mark Zuckerberg & Barack Obama

Le patron de Facebook a publié hier soir un véritable réquisitoire contre la surveillance d’internet par les Etats-Unis. Et il l’a dit de vive voix au Président Obama.

" J'ai appelé le président Obama pour exprimer ma frustration quant aux dommages créés par le gouvernement pour notre avenir à tous ". C’est ce que Mark Zuckerberg annonce sur sa page Facebook. Quand on est PDG du plus grand réseau social, on peut prendre l’initiative de téléphoner au Président des Etats-Unis pour lui dire son mécontentement. Rares sont les chefs d’Etat ou de gouvernement qui peuvent en faire autant.

La démarche est quand même très inhabituelle. Ce coup de gueule, déjà abondamment liké sur Facebook, intervient au lendemain de la diffusion d’un nouveau rapport confidentiel sur les techniques de la NSA, l’Agence Nationale pour la Sécurité pour renforcer la surveillance d’internet. Avec parmi cet arsenal, l’utilisation de fausses pages Facebook pour collecter des informations privées. Un document diffusé par The Intercept, le site d’informations fondé par Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian qui avait publié les révélations d’Edward Snowden, l’ancien ingénieur de la NSA actuellement réfugié en Russie.

Edward Snowden s’est lui aussi exprimé cette semaine. C’était lors de la grande conférence technologique annuelle " South by Southwest " qui s’est tenu à Austin au Texas. Snowden y est apparu par vidéo avec derrière lui la reproduction du Premier Amendement, l'article de la Constitution américaine qui garantit la liberté d’expression. Il s’est livré à une charge implacable contre la surveillance d’internet et il a lancé un appel à la mobilisation de tous pour la contrer : " La NSA a mis le feu à Internet, vous êtes les pompiers qui peuvent le sauver ".

Et cette semaine aussi, celui qui a créé les bases du Web il y a 25 ans, le britannique Tim Berners-Lee a lui aussi plaidé pour une Magna Carta du 21e siècle, une Charte des Droits numériques.

Le sujet reste donc extrêmement sensible. Ceux qui tablaient sur une sorte de fatalisme devant l’espionnage d’internet en sont pour leurs frais. La montée au créneau de Mark Zuckerberg, que l’on peut difficilement considérer comme un activiste, constitue un sérieux avertissement pour Barack Obama qui a toujours pris soin de s’attirer les faveurs du monde hi-tech. D’autant que le patron de Facebook n’a guère été convaincu par les réponses reçues puisqu’il conclut : "Malheureusement, on dirait qu'il va falloir beaucoup de temps pour une vraie réforme."

Reste que cette réforme devrait sans doute aussi veiller à protéger les citoyens contre certains agissements des réseaux eux-mêmes…

MédiaTIC : Zuckerberg vs Obama (14/03/14)

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