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De 75.000 par jour il y a deux semaines à 21.000 ce lundi: comment expliquer une diminution aussi brutale des tests COVID?

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13 nov. 2020 à 16:372 min
Par X.L.

C'était attendu: malgré une évolution positive dans les chiffres de l'épidémie de coronavirus en Belgique, le comité de concertation fédéral de ce vendredi a décidé de ne rien changer aux mesures de confinement entrées en vigueur le 2 novembre sur notre territoire.

Il faut dire que le rapport du Risk Assesment Group relevait certes que "le nombre moyen de nouvelles infections" avait  "diminué de 46 % par rapport à la semaine précédente", ce qui entraine que "l'incidence cumulée pour la Belgique diminue pour la première fois depuis longtemps, passant de 1 775/100 000 le 4 novembre à 1 362/100 000".

Mais le même RAG relève que "au cours de la semaine du 31/10 au 6/11, en moyenne environ 41 000 tests par jour ont été réalisés, comparé à 61 000 tests par jour la semaine précédente". La diminution est encore plus flagrante aujourd'hui, si on compare la période du 3 au 9 novembre, à celle d'il y a deux semaines: on passe de 75.000 à une moyenne de 35.000. Et celle-ci est encore en train de baisser avec par exemple 21.000 tests effectués seulement ce lundi !

Or, si la diminution du nombre de contacts à haut risque testés était attendue en raison du changement de stratégie (ne plus tester que les symptomatiques), la diminution du nombre de symptomatiques testés aurait dû elle être progressive, et plus lente. Or, elle est brutale ! "Elle doit être interprétée avec prudence" note donc le RAG, qui pointe que "cette diminution rapide du nombre de tests chez les personnes présentant des symptômes soit observée début novembre, ce qui coïncide avec le début des vacances de Toussaint ainsi qu'avec les mesures renforcées".

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Or, le taux de positivité lui reste important, au-delà de 20%, ce qui montre que le virus continue à circuler.

Le RAG émet donc l'hypothèse que "les personnes restant de toute façon chez elles, elles pourraient décider de ne pas se faire tester en cas de symptômes légers", ce qui expliquerait cette baisse brutale des tests, et des chiffres qui ne reflètent donc pas la réalité de l'épidémie chez nous.

Ce qui rejoint les remarques, sur le plateau de la VRT, du biostatisticien Geert Molenberghs, qui commentait à ce propos : "Les médecins et les pharmaciens nous disent qu'ils voient des gens qui ont des symptômes, mais qui ne veulent pas se faire dépister. La grande bourgeoisie, qui pense: "Si je me calme un peu, ça ira."

Le porte-parole du centre interfédéral de crise, Yves Van Laetham rappelait ainsi mercredi : "Ce n’est pas une bonne idée de ne pas vous faire tester si vous avez des symptômes.  "Si vous ne vous faites pas tester, les chiffres ne vont pas diminuer mais plafonner. Vos contacts ne sauront pas qu’ils sont positifs si vous ne le savez pas pour vous-même".

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