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US Open

David Goffin : "Même sans le public, on ressent bien l'atmosphère d'un tournoi du Grand Chelem"

David Goffin
30 août 2020 à 20:51Temps de lecture4 min
Par Christine Hanquet

Nous sommes à la fin du mois d’août, et le deuxième tournoi du Grand Chelem de l’année va enfin commencer. Dans des conditions que personne n’aurait imaginé en début d’année. Mais tous les joueurs présents à l’US Open sont partisans du "c’est mieux que rien".

Ces derniers jours, tout le monde s’est adapté à la bulle et aux mesures de distanciation. Et tout le monde s'est d'autant mieux adapté que le tournoi de Cincinnati a exceptionnellement été organisé à New York, sur le site de Flushing Meadows.

Huit Belges vont participer à l’US Open en simple. Sept joueuses, et David Goffin. Le dixième joueur du monde disputera son premier tour ce lundi, contre un adversaire pas forcément facile à maîtriser, l’Américain Reilly Opelka.

Entretien (à distance) avec David Goffin, à propos de ce match, de sa forme, et des derniers événements new-yorkais, un premier cas de coronavirus dans la bulle…

David, comment vous sentez-vous, à la veille de votre premier match à l’US Open ?

De mieux en mieux. Après le tournoi de Cincinnati, j’ai tout de suite repris l’entraînement, pour continuer sur les bases, parce que je sentais que ça allait de mieux en mieux. Et vraiment, ces derniers jours d’entraînement ont été très bons. C’était probablement les meilleurs de ces six derniers mois. C’est positif, de retrouver petit à petit la forme, avant de commencer l’US Open. Maintenant, j’espère que ça va continuer pour mon premier tour ici. Pour le moment, ça va bien.

Sans le public, et avec l’atmosphère particulière qui règne en ce moment, on se rend vraiment compte qu’on va jouer un tournoi du Grand Chelem ?

Oui, parce qu’on est sur le site du tournoi, on est sur le Arthur Ashe, et dans les autres grands stades. On sent bien qu’on est dans un Grand Chelem, et dans un lieu mythique. Et puis, il y a du monde, malgré tout, avec les joueurs et les coaches. C’est vrai que sans le public, ce sera différent, mais on sent bien qu’on est dans un très gros tournoi.

Un mot sur votre premier adversaire, Reilly Opelka ? Ce n’est pas un tirage facile, vous allez jouer contre un gros serveur…

Ce n’est jamais facile avec ce genre de joueurs. Ils peuvent battre tout le monde, et ils peuvent être inquiétés par tout le monde. Ca va se jouer à rien. Déjà, je suis content de bien me sentir à l’entraînement, et cela va m’aider pour être en confiance sur certains points. Il faudra saisir les occasions, sur un tie-break par exemple. Il va falloir essayer de retourner le maximum de balles. J’espère que par moments, il pourra passer un peu moins de premiers services, et que je pourrai en profiter. Pour le reste, je pense avoir les qualités pour le déborder lors des échanges. Il faudra que je sois vraiment concentré, parce que la moindre petite faille lors de nos jeux de service peut carrément coûter un set, contre ce genre de joueur. Il faudra être concentré tout le long du match.

La bulle dans laquelle vous vivez en ce moment n’est pas imperméable. On a appris que Benoît Paire était positif au coronavirus. Cela fait peur aux autres joueurs ? Un autre climat s’est instauré depuis quelques heures ?

C’est vrai que ça fait un peu peur, parce qu’on ne sait pas trop sur qui ça peut tomber. Heureusement, je ne me suis pas entraîné avec lui cette fois-ci. Mais ça aurait pu arriver. J’aurais pu passer du temps avec lui, certains autres joueurs l’ont fait. Son cas va être analysé, pour savoir qui a été proche de lui. Et c’est vrai que tout le monde est un peu en attente de la décision du Département de la Santé. J’espère qu’il n’y aura pas d’autres mauvaises nouvelles. Qu’il y ait un joueur positif dans la bulle, c’est déjà inquiétant.

Les joueurs ne se relâchent pas, tout le monde respecte toujours bien les consignes ?

Non, il n’y a aucun relâchement, chacun est au taquet. Et le staff du tournoi est hyper attentif pour que tout le monde respecte bien les arbitres, les partenaires d’entraînement. Le tournoi surveille tout, pour que l’on soit bien dans les règles, au niveau des masques, des désinfections. Même ici, je suis seul dans une pièce, pour vous parler. La table et l’ordinateur ont été désinfectés juste avant le début de l’interview. Ils sont vraiment attentifs à tout. Mais malgré cela, il y a quand même un cas positif.

Benoît Paire a récemment joué contre Borna Coric, et vous aussi. Il faut réfléchir aussi loin, et se dire qu’il y a peut-être un risque pour vous ?

On n’a pas été en contact, Benoît et moi. Je ne sais pas jusqu’où ils vont remonter. Mais si on va aussi loin, on peut remonter jusqu’à la moitié du tableau. Je ne sais pas à quel moment ils vont couper la chaîne. Ils prendront une décision, et on n’aura rien à dire. D’ici 24 heures, on devrait avoir des nouvelles. Et il y aura peut-être un point d’interrogation sur certains joueurs.

Quatre autres joueurs français, qui avaient été en contact avec Benoît Paire, ont été priés de rester dans leur chambre, ces dernières heures. Vous pensez que cela pourrait déboucher sur quatre nouveaux forfaits ?

Le Département de la Santé aura le dernier mot. Ils vont bien analyser les cas, les relations qu’ils ont eues avec Benoît. On peut imaginer que cela pourrait entraîner d’autres forfaits, oui.

Combien de fois avez-vous été testé, depuis votre arrivée à New York ?

Six fois, en deux semaines. Tout est bien rodé, bien organisé. C’est la même chose pour les joueurs et pour les coaches.

A propos de la bulle, y a-t-il quelque chose que vous aimez vraiment beaucoup, dans ce climat particulier qui entoure les tournois américains, cette année ?

Je trouve que ce qui est pas mal, c’est qu’on passe beaucoup de temps ensemble, avec mon coach, avec mes meilleurs potes sur le circuit. Par exemple, Germain Gigounon, qui est l'entraîneur d’Ysaline Bonaventure. On a le temps, au moins, de passer des moments ensemble, d’aller manger ensemble. D’habitude, on est un peu dispersés dans différents hôtels, et c’est plus compliqué. Ici, je dois dire qu’on passe des soirées sympas, et qu’on a des chouettes discussions. La bulle permet de nous recentrer entre nous, et ce n’est pas plus mal.

Novak Djokovic vient de créer une nouvelle association. Avez-vous signé ?

Non, je ne suis pas dans cette association. J’ai vu que beaucoup de joueurs de simple et de double l'avait intégrée. Mais c’est trop nouveau pour moi, cela a été trop vite, il y a encore trop de points d’interrogation. Il a dit que ce projet-là était sur la table depuis des années. Mais là, ce n’est pas trop le moment. Je ne suis pas contre l’idée. Mais des tournois ont du mal à survivre, et ce serait ajouter encore plus de complications. Ce n’est pas le moment.

Ecoutez David Goffin…

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