Tennis

David Goffin avant Anvers : "Si j’arrive à être plus régulier, je ne vois pas pourquoi je ne retrouverais pas le top 30"

David Goffin au tournoi de tennis d’Anvers, l’European Open

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17 oct. 2022 à 00:28Temps de lecture4 min
Par Christine Hanquet

David Goffin va reprendre la compétition, cette semaine, à l’European Open, à Anvers. Il avait récemment dû renoncer à participer au tournoi de Florence, à cause d’une méchante grippe, qui l’a cloué au lit pendant plusieurs jours. "Je suis encore en convalescence. Je viens de vivre quelques moments un peu compliqués. Parce que oui, la grippe, cela existe toujours. J’ai subi plusieurs tests Covid, qui étaient négatifs. Là, je me sens mieux, et j’ai recommencé à m’entraîner samedi. Puisque j'entrerai en compétition mardi soir, il me reste deux jours pour tenter de me remettre complètement, et récupérer du souffle".

Avant ce coup d’arrêt, il était à Astana, où il avait réussi l’exploit d’éliminer l’Espagnol Carlos Alcaraz, numéro un mondial et récent vainqueur de l’US Open. "Je sais qu’il n’a pas disputé le match de sa vie, mais moi j’ai simplement joué une très bonne rencontre, j’ai produit un tennis solide, du début à la fin. J’étais très satisfait. Cela m’a fait du bien d’avoir pu retrouver un niveau correct cette semaine-là, et d’avoir pu enchaîner quatre matches. J’espère que cela m’a remis sur de bons rails. Je reste encore avec des ondes positives, venant d'Astana, même si je suis malheureusement tombé malade juste après".

Dix matches qu’il aurait pu (dû ?) gagner

David Goffin

Le tournoi d’Anvers en est à sa septième édition. David Goffin y a participé à quatre reprises. Il a atteint les demi-finales, puis les quarts de finale, avant de s’incliner deux fois au deuxième tour (après avoir été exempté du premier). Son dernier succès dans la ville des diamants date de 2017 (il a déclaré forfait deux fois depuis lors). Mais il a prouvé au printemps dernier à Marrakech qu’il était parfaitement capable d’encore gagner des tournois. S’imposer un jour dans son pays serait évidemment très particulier. Mais pense-t-il pouvoir le faire, par exemple cette année ? "J’estime que dans de telles épreuves, j’ai toujours ma place loin dans les tableaux. J’ai le niveau, mais cela dépend surtout de moi. Il y a eu du bon et du moins bon, cette saison.  Mais je sais que cela peut aller très haut, que mon tennis est là, et qu’en ayant un peu de confiance et quelques matches dans les jambes, cela peut aller de mieux en mieux. J’espère bien commencer, pouvoir monter en puissance et me sentir de mieux en mieux. C’est parfois comme cela que tout commence. Cela peut se terminer de la meilleure des façons, même quand on se sent un peu moins bien ou un peu malade au départ". On peut même éliminer le numéro un mondial alors qu’on avait été battu en qualifications, d’ailleurs. C’est ce qui lui était arrivé au Kazakhstan, où il était lucky loser…

Le joueur belge avait, là-bas, réussi à saisir la chance qui se présentait à lui. Ce qui n’a pas toujours été le cas cette année. "Cela a été moyen, mais il y a aussi eu du positif. J’ai gagné un tournoi, et j’ai presque réussi le meilleur résultat de ma carrière en Grand Chelem, puisque je suis passé à deux points d’une demi-finale à Wimbledon. Si j’arrive à être plus régulier tout au long d’une saison, je ne vois pas pourquoi je ne retournerais pas dans le top 30. Je suis actuellement 58e. On avait calculé qu’il y avait au moins neuf ou dix matches que je n’aurais pas dû laisser échapper, en 2022. Et neuf ou dix matches, cela change le classement. Donc avec un peu plus de constance et de confiance, cela peut faire toute la différence".

Le choc des générations

Gilles-Arnaud Bailly

Au premier tour, l’ancien septième joueur du monde rencontrera l’adversaire le moins expérimenté du plateau, un autre Belge, Gilles-Arnaud Bailly, dix-sept ans à peine, soit quatorze ans de moins que lui. Le jeune homme a reçu une invitation, de la part des organisateurs, en récompense de ses excellents résultats chez les juniors. Et c’est même lui qui a procédé au tirage au sort de l’European Open. Cette année, il a atteint la finale de Roland-Garros et de l’US Open. C’est évidemment la première fois qu’il va disputer un tournoi de ce niveau, sur le grand circuit ATP. Il y a quelques semaines, Bailly avait été intégré à l’équipe belge de Coupe Davis, à Hambourg. Sans en faire partie officiellement, mais pour apprendre et s’aguerrir. David Goffin l’avait alors côtoyé pendant plusieurs jours. "Je ne le connaissais pas du tout avant. Il a débarqué de New York, on s'est rencontrés, on a parlé, on a tapé la balle ensemble. C’est un tout jeune espoir du tennis belge, et je lui souhaite d'arriver très haut. Il a du potentiel, et j’espère qu’il ira loin sur le circuit ATP. Mais que ce ne sera pas pour tout de suite (rires)"…

En tout cas, voilà exactement pourquoi il est important qu’un pays organise des tournois, masculins et féminins. Gilles-Arnaud Bailly, qui est encore junior, n’aurait jamais eu l’opportunité de participer à une telle compétition ailleurs qu’en Belgique. En 2008, c’est au Challenger de Mons (un échelon plus bas, donc) que David Goffin avait été invité à prendre part à son premier tournoi de haut niveau, à dix-sept ans également. "C’est très positif, pour Gilles-Arnaud. Et c’est cool, de commencer directement par un ATP 250. Il le mérite, il a bien joué ces dernières semaines et toute cette saison. C’est pour cela que des tournois organisés chez nous peuvent aider les jeunes Belges. Ils peuvent se frotter aux joueurs du top. Je me souviens qu’à mes débuts, j’étais très excité, impatient de voir ce que cela allait donner, face aux meilleurs. Quand on est encore junior et qu’on monte petit à petit, on ne sait pas ce que cela va donner. Lors de ses premiers ATP 250, on peut se dire 'ça va', ou 'ouh là, c’est fort'. On apprend beaucoup, et on veut toujours bien faire, dans ces moments-là".

Et plus tard, jouer des tournois à domicile sera encore et toujours très particulier, même quand on l’a déjà fait plusieurs fois, comme David Goffin. "On y pense déjà pendant le tournoi d’avant. Une fois qu’on y arrive, l’approche mentale est un peu différente. Mais une fois qu’on est sur le terrain, on essaye de faire le maximum et de gagner, comme d’habitude. Je ressens sans doute un peu moins de pression qu’avant, parce que je ne suis plus première ou deuxième tête de série, donc je n'ai plus cette quasi-obligation de gagner. Mais la pression est quand même toujours là. Et je veux toujours bien faire, quand j’arrive à Anvers"…

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