David Bowie : épisode 2 "L'adolescence et le début du succès"

David Bowie : épisode 2 "L'adolescence et le début du succès"

© Potter - Getty Images

06 avr. 2021 à 17:00Temps de lecture4 min
Par Laurent Rieppi

Adolescent, David Robert Jones suit des études artistiques. Il y étudie la peinture, la musique, le design. Alors qu’il est encore en formation, il évolue au sein de différents groupes, s’amusant parfois à construire ses propres instruments de musique. Il joue du piano, du saxophone alto, et du ukulélé.

En 1962, à l’âge de 15 ans, une dispute avec un de ses meilleurs amis, George Underwood, à propos de la copine de ce dernier, endommage son œil gauche. Sa pupille se retrouve paralysée et incapable alors de se dilater ou de se contracter en fonction de la lumière ambiante. Son œil gauche aura alors en permanence une couleur différente de son œil droit, ce qui lui donne ce regard particulier, fascinant pour certains, inquiétant pour d'autres. Plutôt que de développer un complexe à ce propos, Bowie se sert de cette coquetterie comme d’un accessoire pour construire les différents personnages qu'il incarna tout au long de sa carrière. Mais cet accident n'entache pas l'amitié entre Bowie et Underwood qui resta un ami proche et qui signa d’ailleurs plusieurs pochettes d’albums de Bowie par la suite.

A la maison, si les relations avec sa mère sont parfois plus tendues, David peut compter sur le soutien de son père, Haywood Stenton "John" Jones, qui travaille dans une association caritative, quelqu’un de plutôt discret et adepte de littérature.

"Mon père était quelqu’un de très bien. Si j’ai hérité de quelque chose de lui… mmm je pense que c’est l’amour des livres.  C’était un lecteur avide. Et cela a eu un impact très important sur moi, je suis devenu un grand lecteur. Cela m’a toujours procuré le plus grand des plaisirs. Je ne peux pas vous expliquer à quel point je trouve cela fantastique de pouvoir s’impliquer pleinement dans les réflexions, les idées de quelqu’un d’autre. Je crois d’ailleurs que c’est pour ça que j’écris. Concernant la musique il m’a clairement fait comprendre que mes choix m’appartenaient. Il ne m’a jamais poussé à croire que la stabilité financière était quelque chose vers quoi tendre particulièrement… Pour moi ça a toujours été plus l’idée de faire ce que je ressentais au plus profond de moi. Le faire chaque jour et pouvoir, à la fin de la journée, y repenser et me dire : ‘ça, c’était vraiment bien’."

Un des grandes fiertés pour David Bowie, c’est que son père, qui nous quittera prématurément à l’âge de 56 ans fin août 1969, aura pu connaitre le premier succès de son fils : la sortie du titre "Space Oddity".

Mais le chemin vers le succès sera long, très long, et dès le début des années 60, le jeune David Robert John se lance dans différentes formations, qui, malheureusement, ne récoltent pas souvent beaucoup de succès. Il y a les Konrads, Davie Jones & The King Bees… mais aussi en compagnie de ce trio, The Lower Third, extrêmement influencé par les Who, qu’adore particulièrement David Bowie

David Bowie & The Lower Third - Can't Help Thinking About Me

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Phil Lancaster, batteur de Bowie à l’époque des Lower Third et auteur du livre "At the Birth of Bowie" se souviendra du groupe et de l’influence des Who au micro de Laurent Rieppi (interview de décembre 2020):

"J’étais en Allemagne quand j’ai, pour la première fois, entendu parler des Who à la radio. Je ne les connaissais pas à l’époque mais j’ai aimé ce que j’ai entendu. Ils avaient un son très puissant et j’ai adoré. Peu de temps après, je suis retourné en Angleterre et j’ai rejoint David Bowie et les Lower Third. J’ai été ravi de voir que Bowie et les musiciens produisaient également leurs propres chansons et un son également très puissant. On n’a jamais voulu "copier" les Who mais, lorsque Pete Townshend est venu nous rendre visite lors d’une de nos répétitions, il a dit qu’un des titres qu’il avait écouté, et qui était signé par David, sonnait proche de ce que lui faisait… On était juste un groupe avec notre style, on avait un son très dur, et on peut dire qu’on a été inspiré par les Who. Cependant on ne reprenait pas des titres des Who sur scène, mais bien ceux des Kinks … Donc je dirai que David Bowie et les Lower Third ressemblait au Who … tout en étant différent."

Après ces différentes tentatives, infructueuses, au sein d’un groupe, David Bowie se lance en solo. Fini donc Davie Jones, qui est d’ailleurs le même nom qu’un des membres des Monkees, sorte de réponse américaine aux Beatles dans les 60s. David Robert Jones se dégote alors un nom qu’il ne lâchera plus jamais, il sera David Bowie, du nom, et c’est une chose connue, de ce fameux couteau Bowie, popularisé par le colonel James Bowie, au début du 19e.

Un premier album sort en 1967 sous le label Decca, il est baptisé simplement " David Bowie ". Il est supervisé par le producteur Mike Vernon, qui vient alors d’enregistrer les aventures de John Mayall & The Bluesbreakers dans lequel évolue le jeune Eric Clapton.

C’est un album intéressant, intriguant, mais il est difficile de classer Bowie dans une catégorie, ce qui rend la promotion de l’artiste particulièrement complète, notamment pour celui qui est devenu alors son manager, Ken Pitt.

Mike Vernon, producteur de Bowie à l’époque se souviendra au micro de Laurent Rieppi (interview de novembre 2009):

"Je pense que Ken Pitt, qui était son manager à l’époque, savait que David représentait un talent plutôt inhabituel, et je pense que les personnes de Decca, en particulier Hue et moi, nous pensions qu’il était très différent des autres artistes de l’époque. Mais, pour être honnête, à l’époque où j’ai enregistré cet album, je n’aurais jamais pu envisager que 30 ans, même pas…  20 ans plus tard, Bowie serait considéré comme l’un des plus importants artistes du monde du rock. J’ai juste rencontré un artiste différent avec une perception très différentes des choses, sur comment écrire une chanson, comment raconter une histoire… Il y avait presque une forme de naïveté dans la façon dont il chantait et interprétait un morceau."

Passé l’échec commercial de ce premier album, David Bowie revient, en 1969, avec ce qui sera son premier grand succès, c’est évidemment "Space Oddity". Petite traversés du désert ensuite, avant le triomphe de Ziggy Stardust, voici "Starman" en avril 1972.

 

Starman (2012 Remaster)

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Hommage à David Bowie