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Dans une guerre, les armes chimiques ne sont pas les plus efficaces

Dans l’histoire, les cas d’utilisation des armes chimiques sont plutôt rares... et souvent inefficaces.

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07 sept. 2013 à 13:30 - mise à jour 07 sept. 2013 à 14:01Temps de lecture2 min
Par RTBF

A cette question, le journaliste Martin Robbins, de "Vice", apporte quelques éléments de réponse :

Leur déploiement en Syrie n’est pas une surprise: ce pays est en effet l’une des sept nations du monde (avec l’Angola, la Corée du Nord, l’Égypte, Israël, le Myanmar et le Sud Soudan) à n'avoir pas ratifié ou refusé de signer la Convention sur les armes chimiques. Ce traité international sous l’égide de l’ONU interdit la production, le stockage et l’utilisation de ces armes. Cette "ligne rouge", Assad et son régime n’ont pas hésité à la franchir en ne cessant d’accumuler des précurseurs chimiques (les produits servant à les préparer) et de constituer l’un des plus gros arsenaux chimiques du monde.

Redoutables mais pas pratiques

Mais à l’heure actuelle, ce n’est pas le moyen le plus efficace pour tuer des gens… Les armes chimiques ont émergé lors de la guerre de 14-18, quand les circonstances étaient plus favorables à leur mise en œuvre: des soldats bloqués dans des alignements de tranchées. Cette technologie de l’horreur a évolué du chlore (qui se transforme en acide chlorhydrique dans les poumons, en réagissant avec l’humidité des tissus), rapidement surpassé par le phosgène et plus tard le gaz moutarde, qui inflige de terribles brûlures à travers la peau et les muqueuses. Ces "améliorations" ont été également renforcées par l’évolution des techniques balistiques permettant de déployer et de cibler avec plus de précisions les munitions chimiques. Tout cela permettait de penser qu’on allait modifier complètement le champ de bataille. Mais c’était la théorie.

L'effet boomerang des armes chimiques

Car lors de leur première utilisation par les Anglais à la bataille de Loos en 1915 (150 tonnes de chlore dans 5500 bonbonnes), les nuages de chlore à peine produits sont revenus sur le flanc gauche des lignes anglaises à la suite d’une saute de vent. L’épisode de Loos illustre un certain nombre de problèmes qui existent encore: les conditions extérieures doivent être idéales et la manipulation parfaite. Le déploiement du stock sur le front est délicat et les moyens de dispersion (canons, roquettes, missiles…) détruisent une part importante des produits chimiques. Enfin le risque de gazer ses propres troupes est un danger permanent.

"L'arme nucléaire du pauvre"

Alors pourquoi certains régimes s’entêtent-ils à les stocker ? "Parce qu’il s’agit de l’arme nucléaire du pauvre" répond Omar Lamrani, expert au Stratfor think tank. "Vu leur potentiel massif de dommages collatéraux, ce sont des armes utilisées dans les situations désespérées, quand l’ennemi a déjà envahi le territoire. En d’autres termes c’est une arme de la terreur, une arme d’abord psychologique contre laquelle on se sent sans défense. Mais il faut dire que jamais une population civile n’a été durablement pacifiée de cette façon. Même Halabja revit peu à peu, alors que Saddam est mort et enterré."

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