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Coronavirus

Dans un hôpital espagnol, la lutte sans fin contre le Covid

Des soignants s’occupent d’un malade du Covid, dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Bellvitge, à Barcelone, le 19 janvier 2022
21 janv. 2022 à 13:013 min
Par AFP

"Chaque fois que nous pensons voir la fin du tunnel, il s’allonge": deux ans après le début de la pandémie, le Dr. Rafael Mañez, chef de l’unité de soins intensifs d’un grand hôpital de la région de Barcelone, ne se risque plus à faire des prévisions.

S’il entraîne généralement des symptômes moins sévères que Delta, le variant Omicron, beaucoup plus contagieux, a de nouveau rempli le service de ce médecin au sein de l’Hôpital Universitaire de Bellvitge, l’un des plus importants de Catalogne (nord-est de l’Espagne).

La quasi-totalité des lits (40 sur 44) y sont occupés par des patients Covid.

La Catalogne, l’une des régions les plus peuplées du pays (7,7 millions d’habitants), est actuellement l’une des plus touchées par la nouvelle vague de l’épidémie, la sixième en Espagne. Plus de 42% des lits de soins intensifs y sont occupés par des malades du Covid, le niveau le plus élevé d’Espagne, où la moyenne est d’environ 23%.

"Très dur"

Le rythme ne diminue jamais dans le service de soins intensifs de cet établissement, où le personnel doit se précipiter pour assister un patient en détresse respiratoire.

Environ 40% des patients qui y sont traités ne sont pas vaccinés, dans un pays qui est pourtant un champion de la vaccination en Europe, avec plus de 90% des plus de 12 ans vaccinés.

Un profil de patient pas toujours facile à prendre en charge. "Ce sont des patients qui nient la maladie et nient même le traitement", souligne Santiago Gallego, infirmier en chef des soins intensifs.

Les stigmates de deux ans de pandémie sont visibles chez ces soignants confrontés à un stress sans précédent. Et qui sont aussi touchés par le virus. Depuis le 1er décembre, 600 salariés de l’hôpital ont été en arrêt à cause du Covid.

Si cette vague est moins dure que les précédentes en termes de saturation hospitalière, "les équipes sont épuisées, surtout à cause de l’incertitude", déplore Gloria Romero, infirmière en chef en pneumologie, un autre service soignant des patients dans un état moins grave.

"Est-ce que cela sera la dernière vague ou est-ce que nous en aurons une septième ? Les soignants sont marqués. Jusqu’à quand allons-nous être dans cette situation ?", poursuit-elle.

L’explosion de cas provoquée par Omicron a obligé l’établissement à interdire de nouveau les visites et les patients dans un état grave doivent lutter pour survivre sans la présence d’un proche pour leur tenir la main.

"C’est très dur physiquement, mais surtout émotionnellement, car on n’en voit pas le bout", confie, avec des sanglots dans la voix, Elena Cabo, kinésithérapeute en soins intensifs.

Pas comparable avec la grippe

Le personnel de l’hôpital s’accroche toutefois à l’espoir amené depuis plusieurs mois par la vaccination, "la seule chose vraiment efficace pour prévenir" les formes sévères de la maladie et "dont personne ne nie qu’elle a eu un impact", affirme le Dr Máñez.

Sans le taux de vaccination actuel, "nous serions certainement dans une situation bien pire que celle que nous avons connue il y a deux ans", lors de la première vague de la pandémie qui a traumatisé l’Espagne, où plus de 91.000 personnes sont mortes au total du Covid.

La vague actuelle, qui pourrait avoir atteint son pic en Catalogne, laisse aussi espérer une possible évolution du Covid vers une maladie endémique.

"Les gens que nous hospitalisons sont moins jeunes, ont plus de problèmes (de santé préalables), cela commence à ressembler un peu plus à un virus habituel", estime Mikel Sarasate, pneumologue au sein de l’hôpital.

Mais si le gouvernement espagnol réfléchit à mettre en place une surveillance épidémiologique à moyen terme plus similaire à celle de la grippe, ce médecin juge ce débat prématuré.

"La grippe, qui est la maladie la plus proche (du Covid) que nous connaissons, n’attaque pas les patients si fort et avec la même gravité", met-il en garde.

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