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Dans l'air du temps

"Dans les yeux de ma mère", quand Arno faisait une déclaration d’amour maladroite à une mère imparfaite

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Ce samedi 23 avril, le chanteur Arno nous a quittés. Pour lui rendre hommage, Réal Siellez nous parle d’une de ses chansons, Dans les yeux de ma mère.

En juin 1995, sur son album "À la Française", Arno fait une déclaration d’amour maladroite à une mère imparfaite, et ça, ça s’arrose.

Ce qui rendra cette chanson ultra-populaire et méga universelle, c’est justement une version dépouillée… On se retrouve dans le fond d’une salle de concert avec un Arno en fin de soirée.

La chanson commence par quelques touches, le chanteur nous prévient : "je vais me mettre nu comme un piano".

"Ma mère elle a quelque chose"… Avec les 6 premiers mots seulement, Arno nous explique deux choses essentielles pour dérouler sa chanson. Premièrement, on va parler de ma mère, et si on va parler de ma mère, c’est qu’on va parler de la tienne, alors attends-toi à être à la fois silencieux et bavard, en résumé ça va remuer et je vais mettre des notes sur ce qui te reste de cordon ombilical.

Ensuite, en formulant "elle a quelque chose" on est prévenu que ça va être vague, flou, bordélique, ça va être un "à peu près" à la belge, donc très précis…

Et ça ne va pas être glorieux… On va voir la mère non pas comme une sainte, mais comme un quotidien avec ses gueulantes, ses bourrelets, ses cors au pied.

Arno a une maman qui ne sort pas du lot, elle est banale et c’est là qu’elle est exceptionnelle… C’est là que se raconte le lien le plus fort. Peut-être parce que l’amour ressemble plus à une tartine beurrée plutôt qu’à un discours bien tapé pour un jour de mariage.

Ce refrain c’est 4 phrases dont trois fois la même, et c’est la répétition qui fait la nuance puisqu’on rentre dans l’iris maternel comme on zoome sur un amour pour en trouver l’universalité.

Dans l’image clichée qu’on dégage autour des familles… Il y a toujours celle du tonton bourré, qui fout un peu la gêne et qui dit de grosses conneries. Eh bien, ce tonton bourré là il avait un peu la classe.

Alors les enfants, dites au revoir à Tonton, resservez-vous un verre (il adorait ça), barrez-vous faire un tour à la côte… Ses chansons auront toujours l’odeur d’Ostende, Ostende aura toujours un air d’Arno, faites un bisou à maman. Et que la fête continue.

"Dans les yeux de ma mère" d’Arno, ce n’est pas une chanson, c’est un monument, c’était dans l’air du Belge, ça le sera toujours.

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