RTBFPasser au contenu
Rechercher

Jubilé d'Elizabeth II

Dans les livres sur Elizabeth II, difficile de dire du mal de la reine

Les livres publiés en français à l’occasion du jubilé d’Elizabeth II dressent un portrait flatteur d’une reine que, tout compte fait, le monde entier semble aimer.

Quel mal pourrait-on dire d’Elizabeth II ? Les livres publiés en français à l’occasion de son jubilé dressent un portrait flatteur d’une reine que, tout compte fait, le monde entier semble aimer.

Certains assument leur parti pris hagiographique. D’autres, s’ils parlent de la famille royale dans des termes peu amènes, parent la souveraine britannique de nombreuses qualités.

"Tenace, courageuse, droite, originale, discrète", résume en couverture Dorica Lucaci, qui signe "Agir et penser comme la reine d’Angleterre" (éditions de l’Opportun).

Exemple : quand en 1998 elle arrive au Palais de l’Élysée à Paris, personne n’est là pour l’accueillir. En retard à cause d’un couac, Bernadette, femme du président Jacques Chirac, se confond en excuses. La reine sourit. Illustration parfaite, d’après l’autrice, du "never complain, never explain" (ne jamais se plaindre, ne jamais se justifier).

Pourtant, Elizabeth II "a une face sombre", estime Marc Roche, journaliste belgo-britannique qui l’a "rencontrée une bonne dizaine de fois" et publie "Les Borgia à Buckingham" (éditions Albin Michel).

Francophile

"Elle est intouchable, au propre comme au figuré. La critiquer peut même vous valoir des ennuis", dit-il à l’AFP. Mais "elle est aimée en France aussi parce que francophile, caractéristique qui n’est pas partagée par les autres membres de la famille royale".

Ce fin connaisseur de la monarchie britannique la trouve tout de même "insensible aux questions de diversité" et "indifférente au féminisme […], entourée seulement d’hommes parmi ses collaborateurs les plus importants". Et "elle n’a rien dit dans des moments importants de l’Histoire, ceux où il faut prendre position", comme lors de l’entrée en guerre du Royaume-Uni contre l’Irak en 2003.

Autre spécialiste de cette famille royale, Jean des Cars ne fait pas mystère de son admiration. Il a intitulé son dernier livre "Pour la Reine, hommage à Elizabeth II" (éditions Perrin).

"On a raison de l’aimer", estime-t-il, interrogé par l’AFP :

François Mitterrand par exemple, qui m’a écrit que le drame historique de la France était la mort de Louis XVI, était fasciné. Il disait : c’est une vraie reine ! Ce que pensent beaucoup de Français.

"Pas à se forcer pour être aimable"

Dans "Majesté : le règne d’Elizabeth II" (éditions Pygmalion), le journaliste Bertrand Meyer-Stabley dépeint sa résistance à toutes les épreuves. Quoi qu’il arrive, "la reine tient bon", écrit-il dans cette biographie fouillée. Elle y paraît tantôt rigide, tantôt pragmatique, mais toujours guidée par les intérêts de l’institution qu’elle incarne.

"Elizabeth II, le livre du souvenir" de Catherine Ryan et Franck Ferrand (éditions de l’Archipel), album richement illustré, ravira les fans. "Cette dame qui feint de s’amuser aux remarques laborieuses des uns et des autres n’a même pas à se forcer pour se montrer aimable", écrit l’animateur radio, qui l’a vue une fois.

Isabelle Rivère, "seule journaliste française autorisée" à la suivre, revient pour sa part sur les premiers jours de son règne il y a 70 ans, dans "Naissance d’une reine" (éditions Fayard) :

Je ne suis pas bien placée pour dire pourquoi il est difficile de la critiquer. En l’approchant j’ai vu naître en moi une admiration, je n’ai pas peur de le dire, pour la femme et la souveraine totalement engagée dans son rôle.

Selon cette autrice, "dans sa popularité planétaire il y a un refus des temps que nous vivons, très changeants, sombres. Car elle incarne tout le contraire. Qu’aurait été le Royaume-Uni sans elle pendant ces 70 ans ? On peut se le demander".

Articles recommandés pour vous