Guerre en Ukraine

Dans les collines du sud-est de la Pologne, un embouteillage de réfugiés qui attendent dehors la nuit par -7°C

Leur fuite les a menés jusqu’au Sud de la frontière avec la Pologne. Dans ces collines, l’hiver est encore piquant. Là aussi, des familles traversent sans cesse le poste frontière de Kroscienko à pied. Ils ont marché parfois quatre jours avec des enfants dans des températures négatives.

Épuisés, les plus chanceux ont un contact qui vient les chercher pour les emmener à l’abri. Mais beaucoup doivent rester dans un camp de fortune installé juste après la frontière. Quelques tentes, des chauffages électriques, des groupes électrogènes, des vivres et un léger poste médical. Et des braseros.

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Une dame emmitouflée dans sa veste d’hiver exprime ses inquiétudes. "Il ne reste rien de notre maison. Elle était en première ligne et elle a été détruite. Et là, avec les enfants, on part vers l’inconnu." 

Andrzej est interprète. Un rôle clé dans l’accueil des réfugiés. "Ils sont vraiment fatigués après 4, 5, 6 jours de voyage", dit-il. "On organise ce qu’on peut pour qu’ils ne meurent pas de froid ou de faim et de l’aide médicale mais plus de transport serait utile. Pour les emmener vers l’ouest. Plus loin en Pologne, L’Allemagne ou la Belgique."

L’enjeu sur ce poste frontière, c’est de faire avancer le plus vite possible les réfugiés vers les centres de transit aménagés 10 km plus loin ou quand il est plein, à Przemsyl, à 1 heure de route de la première ville d’importance après la frontière. Et il ne faut pas trop traîner parce que beaucoup d’autres Ukrainiens arrivent et les quelques tentes ne pourront pas accueillir tout le monde.

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Un bus s’en va. Il ne prendra pas tout le monde. Et personne ne sait à quelle heure arrivera le suivant. L’attente s’installe… Les heures passent. La température baisse encore. -7 degrés au milieu de la nuit. Les familles se pressent autour des braseros.

Les enfants sont mis au chaud dans les tentes pendant que les adultes scrutent l’arrivée des bus. Alina garde le moral. "Vous savez, l’école de mes enfants a été bombardée. Alors ici, dans le froid, c’est toujours mieux que d’être dans une cave ou dans un abri avec les bombes et les avions qui volent au-dessus de nos têtes."

Les autorités polonaises mobilisent des moyens considérables. Mais le flux de réfugiés déborde l’immense solidarité. Alors quand les pompiers viennent chercher quelques personnes en camionnette, tout le monde espère y monter. Mais il va falloir se faire une raison. Pour beaucoup de ces réfugiés, la nuit sera difficile.

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