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Monde Europe

Dans les Balkans, Novak Djoković est un symbole pour les antivax

Personne ne connaît officiellement le statut vaccinal du N°1 mondial de tennis.
06 janv. 2022 à 11:173 min
Par Simon Rico

Personne ne connaît officiellement le statut vaccinal du N°1 mondial de tennis. Bloqué à l’aéroport de Melbourne, le Serbe est pourtant connu dans les Balkans pour être proche des mouvements antivax, très liés aux extrême-droites locales.

Depuis mercredi, c’est un véritable "Djoković gate" qui se joue en Australie. Le N°1 mondial de tennis est bloqué à l’aéroport de Melbourne par les douanes, parce qu’il est arrivé "sans les documents nécessaires" à son entrée dans le pays. Les autorités de Canberra ont même décidé d’annuler le visa qui lui avait été accordé pour montrer qu’aucun passe-droit ne saurait être accordé en pleine vague omicron.


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Novak Djoković a déposé un recours en justice et son avocat a annoncé qu’il avait obtenu un sursis, lui permettant de rester sur le sol australien jusqu’à lundi, le temps de l’examen de cette requête. Très sceptique sur la vaccination anti-Covid-19 comme il l’a maintes fois répété, le tennisman serbe a décroché in extremis une dérogation médicale afin de pouvoir participer au premier tournoi du grand chelem de l’année 2022, qui doit se dérouler du 17 au 30 janvier prochains.

Le soutien du pouvoir serbe

En Serbie, les autorités multiplient les gestes de soutien à l’égard de la plus grande vedette nationale. Le président Aleksandar Vučić n’a pas hésité à accuser Canberra de "mauvais traitement" envers Novak Djoković. Sur Instagram, son média favori pour se mettre en scène, le tout-puissant chef de l’État a déclaré que "toute la Serbie est avec lui" et que "les autorités prenaient toutes les mesures nécessaires pour que le mauvais traitement du meilleur joueur de tennis du monde cesse aussitôt que possible".

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Un peu plus tôt, c’est le ministre des Affaires étrangères qui a pris la parole dans Informer, un tabloïd très proche du pouvoir, pour exprimer tout son soutien au joueur. "Notre État exige que le numéro un mondial soit libéré immédiatement, ce qu’a également demandé l’ambassadeur de Serbie, qui a contacté le joueur et pris toutes les mesures possibles", martèle Nikola Selaković.

Des connexions douteuses

S’il se montre toujours sous son meilleur jour dans les médias internationaux, donnant l’image d’un joueur aussi lisse que sympathique, Novak Djoković est bien moins policé dans les Balkans. Depuis le début de la pandémie, il a multiplié les positionnements douteux, n’hésitant pas à s’afficher avec des personnages très controversés.


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À l’été 2020, il a notamment rendu visite à un prédicateur bosnien complotiste, Semir Osmanagić, pour vanter les mérites thérapeutiques des "pyramides de Visoko" découvertes dans les années 2000 par ce dernier. Depuis, Semir Osmanagić s’est affiché au côté des antivax de Croatie, emmenés par l’extrême-droite locale, qui ont multiplié les démonstrations de force ces derniers mois.

Des antivax très nombreux dans les Balkans

En attendant d’être fixé sur son sort en Australie, le joueur serbe peut se targuer d’avoir derrière lui tous les médias proches du régime autoritaire et nationaliste d’Aleksandar Vučić, où les déclarations enflammées en sa faveur se multiplient. Tous rejouent à l’envi leur partition préférée : celle de la victimisation du peuple serbe. En attendant, les taux de vaccinations patinent en Serbie, de même que dans tous les pays voisins.

Ce n’est plus à cause du manque de doses disponibles, mais du scepticisme face aux vaccins. Selon une étude régionale menée à l’automne dernier par le Balkans in Europe Policy Advisory Group (BiEPAG), plus de la moitié des sondés indiquaient n’avoir "aucune intention" de recevoir leurs doses. Dans les Balkans, les théories conspirationnistes autour du Covid-19 rencontrent même un écho "frappant", relève le BiEPAG.

Dans cette campagne de désinformation, Novak Djoković porte une lourde responsabilité. En attendant, les services de santé ont toutes les peines à faire face aux cas de Covid-19 qui explosent, laminés par des décennies de coupes budgétaires et d’exode de leurs personnels, en quête de meilleurs salaires.

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