La technologie de diffusion radio DAB+ qui succédera aux ondes FM se réveille en Communauté française. En retard depuis deux ans, elle devrait être fin prête en 2017. Le ministre de l’Économie digitale Jean-Claude Marcourt a déposé une note pour le financement du réseau DAB+, avec l’ambition de le rendre opérationnel avant la fin 2017. Qu’est-ce que cela va changer pour les auditeurs?
DAB+ : la piqûre de rappel
La technologie de diffusion DAB+ (Digital Audio Broadcast) émet les émissions par la voie des airs, sous forme d’ondes hertziennes. Ce n’est donc pas de l’internet. Et contrairement à la FM analogique qu’elle a pour vocation de remplacer, la DAB+ est numérique et compressée.
Le DAB est donc à la radio analogique ce que la TNT, lancée chez nous en 2010, est à la télévision hertzienne. Cette technologie est totalement gratuite, sans abonnement et anonyme. Nul ne peut savoir qui écoute quoi. Contrairement à la FM, la qualité sonore ne se dégrade par avec la distance.
Pourquoi le petit "+" après l'acronyme? Parce que la norme initiale –DAB- utilise un taux de compression de type Mpeg2 et que sa déclinaison "+" est passée à une compression plus forte en mode Mpeg4.
L’un des atouts du DAB+ est de permettre d'ajouter des radios supplémentaires et des méta-informations comme l’infotrafic ou le fil d’information. Classic 21, l’une des chaînes qui ont expérimenté très tôt la norme numérique, propose un slide show, des concours et des informations sur les groupes dont les titres sont diffusés. Le DAB+ pourra aussi fournir les coordonnées GPS d'un accident lors des informations routières. L’écran des véhicules équipés d’une radio compatible pourra donc fournir plus d’informations que le simple nom du chanteur de nos autoradio actuels.
Près de chez nous, le DAB+ s’est développé en Grande-Bretagne, en Allemagne depuis 2012, et plus difficilement en France où les chaînes privées font de la résistance. Deux pays en pointe sont la Suisse et surtout la Norvège où la FM appartiendra définitivement au passé dès l'an prochain.
Plus démocratique le DAB+?
Sans entrer dans les détails techniques, le DAB+ supportera 24 chaînes sur deux couches "multiprovinciales", tandis qu’une troisième couche (multiplex) assurera les couvertures urbaines pour les radios indépendantes. Comme l’explique Nele Smets, responsable de l’unité radio du CSA, la difficulté est que le DAB+ ne reproduit pas le paysage FM des petites radios. Et pacifier les conflits qui existent aujourd’hui dans le paysage de la FM n’est pas gagné d’avance : "C’est sans doute vrai par rapport aux fréquences FM à Bruxelles, mais pour les radios indépendantes, le maillage géographique de la FM ne peut pas être reproduit en DAB+. Cette technologie n’est pas prévue pour les petites couvertures."
