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Cyclisme : Peter Sagan chez TotalEnergies, l'équipe française prépare l'arrivée du transfert slovaque

Benoît Génauzeau sur l'arrivée de Peter Sagan chez TotalEnergies

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06 déc. 2021 à 13:005 min
Par Jérôme Helguers

C’est le transfert de l’intersaison cycliste. En 2022, Peter Sagan ne roulera plus pour Bora-Hansgrohe mais sous le maillot de la formation française TotalEnergies. Cette semaine, le triple champion du monde slovaque et sa nouvelle équipe feront connaissance à l’occasion d’un premier stage. Alors, ça change quoi d’accueillir un tel coureur dans une équipe de D2 ? On a posé la question à Benoît Génauzeau, le directeur du sport chez TotalEnergies.

Quand elle a été confirmée en août dernier, l’information avait surpris : Peter Sagan chez TotalEnergies. A priori, le Slovaque a peu d’accointances avec la France. Et puis surtout, il va passer d’une équipe World Tour à une formation pro continentale, soit la D2 du cyclisme. Pour l’équipe française, cette arrivée d’un tout grand nom pourrait ressembler à une petite révolution. On a donc effectué un petit coup de sonde, histoire de savoir comment on préparait la toute prochaine venue de Peter Sagan.

"On est aux prémices du démarrage de notre collaboration", explique Benoît Génauzeau, directeur du sport chez TotalEnergies. "Il y a quelques semaines, on a rencontré Peter, physiquement, une première fois pour une visite du siège de l’équipe. On voulait qu’il comprenne là où il allait mettre les pieds, car notre identité est forte et on la revendique. On voulait que Peter puisse découvrir l’âme de notre équipe grâce à cette visite".

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L’excitation prédomine avant l’arrivée de Peter Sagan

Les choses concrètes vont maintenant pouvoir être lancées puisque le Slovaque va découvrir ses nouveaux équipiers via un premier stage de préparation à la saison, du 7 au 17 décembre à Calpe (en Espagne). "Le gros enjeu des prochaines semaines sera de comprendre les envies de Peter et que lui comprenne aussi les nôtres. Est-ce qu’il y a un peu d’appréhension avant son arrivée ? Je ne dirais pas ça. C’est plutôt de l’excitation. C’est un nouveau challenge à relever pour toute l’équipe. On a hâte d’y être", détaille Benoît Génauzeau.

"Vous savez, tant qu’on n’a pas mis un coup de pédale, ce transfert ne change pas grand-chose dans l’équipe ! Par contre, en dehors du vélo, on peut déjà sentir la puissance de Sagan. Il y a beaucoup d’intérêts, de demandes et de questionnements autour de son arrivée. Cette interview, que nous réalisons, en est d’ailleurs la preuve. Moi, je vois son arrivée comme une aide au développement de notre projet d’équipe. On compte beaucoup sur son arrivée pour faire de grandes choses, ensemble. Nous, on souhaite garder notre identité et en venant chez nous, je pense que Peter veut retrouver son instinct et une certaine liberté".

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Un coureur qu’il faut relancer ?

Sur base des résultats purs, le triple champion du monde pourrait donner l’impression d’être sur la pente descendante. Il gagne moins ("seulement" dix succès ces trois dernières années) et paraît moins tranchant. A-t-il besoin d’être relancé ? "Je me passerai de jugement de ce côté-là", répond le patron sportif de l’équipe française. "Si on regarde sa saison 2021, elle est plus qu’aboutie avec des victoires en World Tour, sur le Giro, le classement par points du Giro. Il a démarré l’année avec le Covid, il a chuté assez sérieusement sur le Tour de France et a été contraint à l’abandon. Ça reste malgré tout une grande et belle saison. Maintenant, le truc est peut-être de trouver certains ressorts. Il peut y avoir une forme de lassitude quand on reste de nombreuses années dans une équipe. Notre challenge sera de lui trouver et de lui apporter de la nouveauté, des petits leviers pour l’aider à de nouveau accomplir de très grandes choses".

Quand Peter Sagan arrive dans une équipe, il ne débarque pas seul avec son petit vélo. C’est tout un petit train qui accompagne le champion. Du coup, quand l’équipe TotalEnergies le fait venir, elle engage aussi trois de ses équipiers (Maciej Bodnar, Daniel Oss et son frère Juraj Sagan), mais aussi un directeur sportif (Ján Valach), un mécanicien, un soigneur et un attaché de presse propre à Peter Sagan"C’est quelqu’un qui a besoin d’un environnement proche et de confiance", précise Benoît Génauzeau. "C’est pour cela qu’on a fait le choix de l’accueillir avec certains de ses équipiers et quelques membres de son staff. Histoire qu’il se retrouve dans un environnement connu et de confiance. Maintenant, le challenge pour nous va être aussi de réussir à l’intégrer à l’ensemble de l’équipe. Je ne dirais pas qu’il est venu avec des exigences personnelles. Il y avait bien sûr des conditions car Peter est un grand champion. Nous n’avons pas la prétention de lui apprendre ce qu’est le haut niveau. En revanche, on veut continuer à cultiver l’âme de l’équipe, avec notre façon de faire et notre instinct. Et on veut se mettre au diapason avec Peter pour réaliser, ensemble, de grandes choses".

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Trouver le juste équilibre entre le show et la performance

En misant sur Sagan, l’équipe française va booster sa visibilité. Mais la direction insiste pour veiller à trouver une complémentarité avec le reste de l’équipe. TotalEnergies n’est pas uniquement l’équipe de Sagan. En attendant, le Slovaque devrait une nouvelle fois offrir quelques moments de "show" dont il a le secret. "On veut bien entendu conserver cet aspect-là du coureur au sein de notre équipe, oui. On n’a jamais eu de coureur de la trempe de Peter. Mais on a eu un gars emblématique comme Thomas Voeckler qui dégageait quand même quelque chose et ne laissait pas insensible le grand public".

"On aime ça et on accueille cette aspérité avec aussi beaucoup d’envie. Tout ça repose toujours sur un juste équilibre entre le show et la performance. Les deux ne sont pas opposés, loin de là. D’ailleurs, Peter Sagan l’a démontré pendant toute sa carrière", concède Benoît Génauzeau.

Apprendre le français ? Ça n’a pas l’air de l’effrayer !

Et au niveau communication, on fait comment ? Peter Sagan parle français ou le personnel français prend des leçons de slovaque ? "Il y a plus de chance que Peter parle français plutôt que nous slovaque !", réplique du tac au tac le directeur du sport TotalEnergies"C’est toujours un challenge en recrutant des coureurs étrangers de pouvoir conserver l’identité de l’équipe. Nous sommes une formation française, on va donc continuer à parler français au sein du team. On a, c’est vrai, quelques étrangers dans le noyau donc on adapte notre façon de communiquer. L’anglais prend parfois un peu plus de place. Niki Terpstra et Edvald Boasson Hagen apprennent petit à petit à parler français, ils seront des courroies de transmission pour Peter".

"N’oublions pas qu’il habite à Monaco, où on parle français. Je crois que son fils apprend aussi le français à l’école. Il nous a bien dit qu’il allait faire des efforts, c’est aussi un challenge pour lui. Pour comprendre notre identité, il faudra aussi passer par la case de la langue. On va l’accompagner et l’aider, mais ça n’a pas l’air de l’effrayer !", conclut Benoît Génauzeau.

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