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Justice

Cybercriminalité : les infractions constatées poursuivent leur hausse en 2021, selon les statistiques de la police

Images d'illustration
04 août 2022 à 12:50Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Kevin D.

La cybercriminalité est désormais bien implantée en Belgique et les infractions constatées poursuivent leur hausse entamée ces dernières années, ressort-il des statistiques de la criminalité en 2021 publiées jeudi par la police fédérale. Au total, 47.560 infractions en matière de criminalité informatique ont été enregistrées en 2021, soit une hausse de 6,9% par rapport à 2020. Toutefois, le nombre de faits criminels commis en 2021, toutes catégories confondues, a diminué de 12,4%.


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Au total, 866.588 faits criminels ont été commis en 2021, contre 969.383 en 2020. Cette diminution ne doit toutefois pas être interprétée comme une preuve de la diminution de la criminalité en Belgique. Elle est notamment liée, selon la police fédérale, à la diminution des infractions aux mesures Covid-19 en 2021. Alors qu’en 2020, l’on enregistrait encore 192.307 infractions aux mesures Covid-19, leur nombre n’était plus que de 68.104 en 2021.

Les criminels utilisent de plus en plus Internet pour se livrer à leurs activités criminelles

Avenir digital

En dehors des strictes infractions à la loi sur la criminalité informatique, d’autres délits sont également de plus en plus commis grâce aux nouvelles technologies. C’est le cas de la fraude, très fréquente sur internet (liée aux achats en ligne, fraude à l’identité, à l’amitié…). En 2021, pas moins de 38.186 faits ont été enregistrés concernant la fraude par Internet. Il s’agit d’une légère hausse (+3,7% ou +1363 faits) par rapport à l’année précédente.

"L’avenir est digital, y compris pour la criminalité. La tendance de ces dernières années se poursuit : les criminels utilisent de plus en plus Internet pour se livrer à leurs activités criminelles", note la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden. "La police n’est toutefois pas à la traîne. Ces prochaines années, nous allons continuer d’investir dans les technologies de l’information et de la communication, et recruter des profils spécialisés."

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Logiciel malveillant

Parmi l’ensemble des faits rapportés aux services de police, les infractions à la loi en matière de criminalité informatique, déjà bien implantées les années précédentes, poursuivent leur ascension. Leur augmentation est en revanche moins spectaculaire que précédemment (+6,9% par rapport à 2020 contre +26,6% entre 2019 et 2020). Les faits les plus rapportés concernent le blocage d’un ordinateur avec un logiciel malveillant, la propagation de virus, le hacking et le phishing (qui vise à obtenir les données personnelles d’un utilisateur par la ruse). Cette dernière technique a été rapportée 8329 fois en 2021, soit une augmentation de 10,7% (+ 804 faits) par rapport à 2020, ce qui en fait "une forme fréquente de criminalité informatique".

"L’autre" pandémie

Conséquence de la levée progressive des mesures sanitaires, les enregistrements de faits de vol et d’extorsion ont à nouveau légèrement augmenté (+2,9%) en 2021, mais ils restent loin des chiffres observés avant la crise sanitaire. Les cambriolages dans les bâtiments ont même poursuivi la diminution amorcée depuis le début de la pandémie de coronavirus. Au total, 43.572 cambriolages dans des bâtiments ont été enregistrés en 2021, soit une diminution de 3,9% par rapport à 2020 et de 30,8% par rapport à 2019. S’agissant des cambriolages dans les habitations (34.140 faits ou tentatives enregistrés en 2021), un niveau historiquement bas a de nouveau été atteint.


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Les autorités judiciaires entendent désormais s’attaquer aux violences sexuelles, décrites comme "une autre pandémie". En dix ans, elles sont en effet au plus haut, notamment au sein du couple (203 en 2021 contre 124 en 2011), dans les transports publics (517 en 2021 contre 336 en 2011) et dans les "lieux accessibles au public" (1334 en 2021 contre 1151 en 2011).

"Les statistiques des Centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles, qui sont actuellement mis en place dans toutes les provinces, montrent que la disposition des victimes à porter plainte augmente sensiblement", note le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne. "Le prélèvement plus rapide des traces, au moyen de techniques avancées, facilite la charge de la preuve et se traduit par davantage de condamnations." Il rappelle que le nouveau droit pénal sexuel entré en vigueur le 1er juin prévoit "des peines plus sévères, de nouveaux éléments aggravants comme les piqûres, des définitions plus claires des infractions et une marge d’interprétation réduite".

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