RTBFPasser au contenu

Cyber-sécurité: les rangs des enquêteurs se vident, des solutions sont à l'étude

Un nouvel enquêteur spécialisé francophone devrait rejoindre l'équipe après la nouvelle année, selon De Standaard.
02 nov. 2018 à 06:01 - mise à jour 02 nov. 2018 à 11:442 min
Par RTBF avec Agences

La Federal Computer Crime Unit devrait compter 44 enquêteurs pour fonctionner normalement, mais seulement 13 postes sont occupés, révélaient ce vendredi matin la presse flamande. Sur ces 13 personnes, on ne compte aucun francophone.

Réaction du syndicat

Vincent Gilles, représentant des policiers au sein du SLFP, explique que les jeunes diplômés préfèrent se diriger vers le secteur privé: "Les personnes qui ont des diplômes en corrélation avec l'emploi trouvent dans le secteur privé des emplois plus rémunérateurs". Rude concurrence pour la police.

Il y aussi des cyber-policiers qui ont récemment rejoint d'autres services pour bénéficier d'avantages: "Un accord sectoriel intervenu voici peu a engendré un effet pervers avec un glissement de membres du personnel qui ont changé de service pour continuer à bénéficier d'un accessoire statutaire non-négligeable."

Réaction de la police fédérale

La police fédérale a confirmé à la RTBF ces informations parues ce matin dans la presse flamande, mais préfère ne pas réagir, indique que sa porte-parole. La police a conscience du problème et réfléchit actuellement à une stratégie dont elle devrait révéler les tenants d'ici la fin de l'année, a-t-elle ajouté.

Réaction du ministère de l'Intérieur

Le recrutement d'effectifs pour la cellule de la police fédérale chargée de lutter contre la cyber-criminalité sera accéléré et amélioré sur base d'un audit du bureau KPMG qui vient de se terminer, indiquait-on ce vendredi du côté du cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon.

"La police est en effet à la recherche de spécialistes en informatique, c'est un métier en pénurie", commentait-on au cabinet du vice-Premier ministre N-VA. Les budgets sont disponibles pour embaucher et des campagnes d'informations sont programmées.

Mais la concurrence du privé et de ses salaires plus élevés, reconnait-on là aussi. A cet égard, la situation n'est pas près d'évoluer. "Cela fait partie d'un exercice plus large", commentait-on au cabinet du ministre.

De 22 personnes à 13 en quelques mois

Au printemps, la Federal computer Crime Unit tirait la sonnette d'alarme : ses effectifs, qui s'élevaient alors à 22 "cyberflics", allaient se réduire de moitié à la rentrée. "En raison d'un manque de personnel, qui va s'intensifier de manière dramatique à court terme, il est très vraisemblable que la FCCU ne soit plus en état d'exercer son travail opérationnel", adressait le directeur de la FCCU Walter Coenraets au ministre de l'Intérieur Jan Janbon (N-VA).

Le dernier enquêteur francophone a désormais quitté l'unité. Un nouvel enquêteur spécialisé francophone devrait rejoindre l'équipe après la nouvelle année.

Par ailleurs, une offre d'emploi liée à cette fonction est toujours en ligne sur le site de recrutement de la police fédérale. À bon entendeur?

Déficit de personnel à la Federal Computer Crime Unit

JT 19h30

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement