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Cuves à mazout : petites fuites et grands problèmes

Cuves à mazout : petites fuites et grands problèmes
15 déc. 2021 à 07:48 - mise à jour 15 déc. 2021 à 07:483 min
Par RTBF La Première

En Wallonie, plus d’un ménage sur deux se chauffe au mazout. Les fuites de citernes vieillissantes ou mal installées provoquent chaque semaine des pollutions. Quelle est l’ampleur du problème ? Pourquoi est-il devenu impossible de légiférer sur le sujet en Wallonie, quand la Flandre a trouvé des solutions ? Un enjeu social ou un enjeu environnemental ? Julien Bialas signe une enquête sur le sujet pour le dernier numéro du magazine Médor.

Dans Médor, Julien Bialas décrit une scène de désolation dans un ruisseau souillé par les hydrocarbures. Il se produirait un cas par semaine de pollution aux hydrocarbures, provenant d’une fuite de citerne, et il est souvent très compliqué de détecter l’origine de la fuite. Le délai est très court, il faut remonter très vite le cours d’eau pour essayer de la trouver. Les hydrocarbures s’écoulent parfois sur des centaines de mètres, s’infiltrent dans la terre avant de rejoindre le ruisseau.

Quelle obligation de contrôle ?

Si on sait que 50% des Wallons se chauffent au mazout, c’est grâce à des enquêtes du SPF et aux chiffres que font remonter les distributeurs de mazout. Mais ce chiffre ne reprend pas l’état des citernes, ni leur type. Aujourd’hui, il n’y a personne, ni le politique, ni le secteur pétrolier, ni les acteurs environnementaux, qui a une vue d’ensemble sur le parc de citernes en Wallonie. Et le problème va s’aggraver avec les années, puisque les citernes vieillissent.

La législation wallonne est assez particulière. Seules les cuves de plus de 3000 litres sont soumises à une déclaration environnementale, à faire à la commune, et à un contrôle périodique, tous les 3 ans. Mais peu le savent et respectent cette obligation.

"En dessous de 3000 litres, c’est vraiment le Far West. Il n’y a aucune obligation et les gens peuvent faire absolument ce qu’ils veulent. Il y a un vide juridique, qui fait qu’aujourd’hui, il y a des citernes qui ne sont pas conformes, si on se réfère à la législation flamande, plus avancée en la matière."

Quel type de contrôle dans l’idéal ?

Il n’y a pas de règle bien précise, explique Julien Bialas : tout dépend si la citerne est enfouie, si elle est ancienne, si elle a une double paroi, etc…

Un simulateur disponible sur le site Infor Mazout peut vous préciser la législation actuelle en fonction de vos données et vous permet de savoir si votre citerne doit être contrôlée ou si elle remplit les bonnes conditions pour recevoir du mazout.

Théoriquement, pour les citernes enfouies de plus de 3000 litres, la personne qui vous livre est censée vérifier que la citerne est en ordre, qu’elle a subi le contrôle périodique des 3 ans et qu’elle porte donc bien la plaquette verte. Dans la pratique, certains livreurs sont parfois négligents, pour ne pas perdre de clients. C’est à leurs risques et périls car leur responsabilité juridique est engagée en cas de pollution des sols.

Un problème environnemental, mais aussi social

"Si le politique, depuis plus de 20 ans, ne se presse pas pour faire évoluer la législation, c’est parce que ce changement législatif concernerait des centaines de milliers de ménages, avec des potentiels coûts pour se mettre en conformité."

Même si tout le monde est bien conscient de l’enjeu environnemental, c’est un problème social, qui touche toute une partie de la population. Aucune aide publique n’existe actuellement pour les personnes qui voudraient changer ou améliorer leur citerne.

Une dépollution peut cependant se chiffrer en milliers d’euros. Quand elle touche une zone de captage d’eau, elle peut vous coûter le prix d’une maison ! Peu d’assurances prennent en compte ces frais ou les plafonnent à un montant dérisoire.

Ça bouge un peu !

Tout est une question de volonté politique, souligne Julien Bialas. La Flandre a instauré des règles pour toutes les citernes, quelle que soit leur capacité.

Aujourd’hui, la ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier veut faire dresser un cadastre à partir des données de terrain, pour faire évoluer la législation et essayer de prioriser le remplacement de certaines citernes à mazout. Il faut savoir qu’une citerne qui a 60 ans ne doit pas forcément être remplacée, si elle a été bien installée. Une citerne de 30 ans, mal installée, présenterait plus de risques de fuite.

Une avancée a également eu lieu il y a quelques semaines, avec la création du fonds Promaz, géré par le secteur pétrolier, qui aide les particuliers concernés par une dépollution.

Cuves à mazout : petites fuites et grands problèmes

Invité : Julien Bialas, journaliste chez Médor

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