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Belgique

CSC: "Les annonces de la possible coalition sont une provocation"

M. Leemans (CSC): "Les annonces de la possible coalition sont une provocation"
25 août 2014 à 06:37 - mise à jour 25 août 2014 à 07:242 min
Par Wahoub Fayoumi

Un accord a été particulièrement  commenté ce week-end: les négociateurs se sont entendus pour mettre en place un service minimum à la SNCB. "Les syndicalistes du secteur sont très inquiets par ce qui se passe", commente Marc Leemans. "On n’ira pas négocier ça, il y a un droit syndical".

"Je ne parle pas de grèves sauvages, mais de grèves spontanées: les gens ont droit de dire nous n’acceptons pas ce qui se passe". Pour Marc Leemans, il est justifié de recourir à ces actions lorsque les discussion patinent: "Normalement, c'est annoncé. Il y a une période de préavis, de conciliation. À un moment donné, les travailleurs  (...) ont le droit de dire qu'ils font grève après autant de mois de discussion, et de mauvaise gestion des discussions par l’employeur".

Mais pour le président de la CSC, le vrai débat n’est pas le service minimum, mais de savoir si ce gouvernement ou cette coalition mènera une politique juste. "Le vrai enjeu est caché derrière ce symbole", estime-t-il. "En partie, c'est une provocation, et en partie une manœuvre pour ne pas discuter des vraies choses".

Les entreprises paieraient 10% d'impôts?

Et d'évoquer le débat classique: les Belges paient-ils trop d'impôts? Marc Leemans répond: ce sont les travailleurs qui paient. "Et les autres? Ils bénéficient pourtant de tous les services à la collectivité etc. Et ils ne paient que 11% d'impôts par exemple!". Le président de la CSC pointe du doigt les entreprises qui sont censées payer 33% d'impôts, mais qui dans les fait paient beaucoup moins. "Il y a bon nombre de déductions. En réalité, ce sont des chiffres qui ont été annoncés par beaucoup. Même Didier Reynders a dit que le taux s'élevait à 10,8%".

"Ils veulent encore réduire la fiscalité moyenne des entreprises, c'est-à-dire la réduire à moins de 10%. Par contre les travailleurs paient toujours".

Et Marc Leemans l'affirme: "La vraie justice qui doit être insaturée est la justice fiscale". Et ce sera l'une des priorités de la CSC dans les mois qui viennent. Et il n'est pas question pour le syndicat chrétien de déplacer les recettes de l’État vers la TVA ou les accises: "Ce sont les travailleurs qui, à nouveau, vont payer. Il faut demander une contribution équitable à tout le monde, c'est-à-dire à tous les autres groupes de la société qui paient très peu".

Un memorendum social

Malgré les points évoqués qui semblent éloigner de plus en plus le syndicat chrétien de son parti frère, le CD&V, Marc Leemans affirme que la CSC garde des contacts avec certains membres du parti "qui sont plus de tendance sociale". Cela pourrait être utile pour pouvoir affirmer les grandes lignes de son mémorandum remis à l'occasion des précédentes élections, même si les orientations de la possible coalition sont diamétralement opposées aux options du textes de la CSC: "Une société plus sociale, une justice fiscale, gérer l’État et les services publics, et faire jouer à la sécurité sociale son rôle".

Critiquant la possible augmentation de l'âge de la retraite et de la cession des entreprises publiques, il ajoute: "Nous avons annoncé à tous les partis, avec notre memorandum avant les élections qu'il ne fallait pas toucher à l’index, que la justice fiscale était essentielle, que s'il faut réduire la cotisation patronale pour les entreprises, il faut réparer le manque de recettes collectif pour la sécurité sociale".

W. Fayoumi

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