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Animaux de compagnie

Croquettes sans céréales, viande crue, stérilisation… 10 idées reçues sur les chats

08 août 2022 à 16:16 - mise à jour 09 août 2022 à 08:02Temps de lecture5 min
Par Julien Covolo

Les propriétaires de félins sont nombreux à se plier en quatre pour le bien-être de leur animal de compagnie, mais ce n’est pas toujours évident de démêler le vrai du faux au milieu de la cacophonie des réseaux sociaux. Croquettes à volonté ? Avec ou sans céréales ? Faut-il séparer le point d’eau du point d’alimentation ? En cette journée internationale du chat, nous avons passé au crible les croyances populaires les plus répandues avec Marcel Renard, docteur vétérinaire chevronné, praticien spécialisé en animaux de compagnies et coprésident de l’Union Professionnelle Vétérinaire (UPV).

1. Une proie sur le pas de la porte ? C’est un cadeau

Faux. "Il ne faut pas attribuer des intentions humaines aux animaux, rappelle-t-il d'emblée. Et chez les animaux, les cadeaux, ça n’existe pas. Il n’y a que des rapports de territoire et de domination."

En réalité, ce comportement est un comportement naturel perverti par la domestication : l’animal rapporte une proie à la maison pour se nourrir, à l’intérieur de son propre territoire, pour la partager et la consommer dans un environnement plus sécurisé.

2. Un chat qui ne vit qu’à l’intérieur est malheureux

Pas tout à fait. De nouveau, la tristesse est un sentiment humain. "Être malheureux chez les animaux, ça n’existe pas", confirme Marcel Renard. Faut-il pour autant ne pas se soucier de son bien-être ? Absolument pas. "Un chat n’est pas fait pour vivre entre quatre murs. C’est contre-nature", assène le vétérinaire. Pour s’épanouir, nos félins ont besoin de chasser et de jouer.

Pour les propriétaires de chats "d'intérieur" qui n’ont pas la possibilité de sortir, il est conseillé de leur faire pratiquer une activité physique autant que possible pour satisfaire leur instinct de chasseur. "Le chat est un prédateur", rappelle le docteur. Quant aux promenades en laisse, elles ne remplacent absolument pas les sorties en toute liberté.

3. Inutile de stériliser un chat qui ne sort pas

Faux. "Ça n’a aucun rapport, affirme Marcel Renard. La stérilisation est surtout liée aux problèmes physiologiques et médicaux, et à l’apparition de certaines pathologies", précise-t-il. La stérilisation permet donc d’éliminer certaines causes de maladies qui apparaissent avec l’âge. Rappelons en outre qu’elle est obligatoire pour tous les chats domestiques depuis 2018.

4. Le vermifuge est inutile pour les chats d’intérieur

Faux. La vie en intérieur présente moins de risques, mais ils ne sont pas inexistants pour autant. "Il faut comprendre comment un chat attrape des vers, développe Marcel Renard. Les vers sont transmis par les puces ou par certaines proies. Premièrement, dans certaines maisons, vous avez des puces sans le savoir. En plus de ça, il n’y a pas que les animaux qui ramènent des parasites à l’intérieur."

Et oui : nous aussi ramenons toutes sortes de bactéries et parasites à notre retour au travers de nos chaussures et vêtements. C’est la raison pour laquelle il est recommandé de vermifuger les chats d’intérieur au moins tous les six mois (contre trois à quatre mois pour les chats qui sortent).

5. Il faut absolument séparer le point d’eau du point d’alimentation

Faux. L’emplacement du point d’eau n’a pas vraiment d’importance, rassure Marcel Renard. "Par contre, mieux vaut éviter de mettre la litière à proximité", ajoute-t-il. Il ne faut pas non plus hésiter à multiplier les points d’eau un peu partout dans votre habitation.

6. Les chats n’aiment pas l’eau stagnante

Faux. "Dans la nature, le chat boit parfois dans des flaques d’eau", signale le vétérinaire. En revanche, l’eau en stagnation facilite la prolifération de microbes qui peuvent se révéler toxiques. "Ce n’est donc pas un problème comportemental mais sanitaire", résume-t-il.

7. Un chat doit toujours avoir de la nourriture à disposition et à volonté

Faux. "C’est une hérésie !", rétorque le docteur vétérinaire. "Même dans la nature, le chat n’a pas un frigo rempli d’oiseaux ou de souris à disposition", ironise-t-il, insistant sur le respect des quantités préconisées. "Les trois quarts des problèmes rencontrés chez les animaux sont liés à l’obésité, met-il en garde. Un chat doit peser entre 3,5 et 4 kilos. Au-delà de 5 kilos, il est obèse, ajoute-t-il. Et même chez les humains, on meurt plus facilement d’obésité que d’avoir faim."

D’un point de vue comportemental, tout un mécanisme de chasse se déclenche en aval du processus. "L’idéal, c’est que le chat essaie d’acquérir sa nourriture lui-même. Pour l'intérieur, il existe des petits jeux à manipuler pour lui faire faire de l’exercice." Gamelles ludiques, jouets distributeurs de croquettes… tout est bon pour stimuler nos compagnons à quatre pattes !

8. Un chat a besoin de nourriture humide pour éviter les calculs rénaux

Ça dépend. Pour un chat en bonne santé et avec de l’eau à disposition, cela n’a pas vraiment d’importance. "C’est plutôt la quantité et la qualité de l’alimentation qui seront à l’origine de problèmes, pas le type de nourriture", justifie Marcel Renard. Les trois critères sur lesquels les propriétaires de félins doivent se concentrer sont l’activité physique, la quantité de nourriture et sa qualité.

En revanche, la pâtée pour chats prend tout son sens si votre animal a déjà des problèmes de reins à la base. Une nourriture humide lui permettra de s’hydrater davantage.

9. Les croquettes sans céréales sont meilleures pour la santé

Faux. "Qu’il y ait des céréales ou de la poussière de lune, ça n’a aucune importance !", assène le vétérinaire. N’en déplaise aux multiples marques ayant fait de l’absence de céréales leur premier argument marketing. "C’est plutôt la composition complète de l’aliment qui entre en ligne de compte. Il arrive par exemple qu’une alimentation sans céréales présente un déficit d’acides aminés", constate-t-il.

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10. L’idéal pour un chat, c’est la viande crue

Faux. C’est encore un argument que l’on retrouve chez de nombreux experts félins autoproclamés sur les réseaux sociaux, justifiant que le chat est un carnivore pur. "Carnivore pur ne veut pas dire que l’animal ne mange que des steaks, mais qu’il mange de la chair. Il y a un problème de compréhension dans la définition, observe Marcel Renard. "Dans la nature, croyez-vous que le chat ne va manger que le steak de la proie qu’il va attraper ? Non. Il mange aussi les tripes et les intestins dans lesquels se trouvent toute une série d’aliments nécessaires à son développement."

Quant au contre-argument selon lequel la viande crue du commerce représenterait un risque sanitaire, le vétérinaire n’est pas convaincu non plus. "Les vers dans la viande, ça n’existe plus depuis longtemps", rassure-t-il.

En clair, rien ne vous empêche de donner un peu de viande à votre matou tant que vous conservez l’équilibre de son alimentation. "Les personnes véganes doivent prendre des compléments alimentaires pour avoir un équilibre, c’est pareil pour les chats qui ne mangent que de la viande, compare-t-il. Il faut rester raisonnable dans tout."

Quant aux personnes persuadées que les vétérinaires ont tout intérêt à vendre une marque de croquettes ou un produit particulier, Marcel Renard se montre serein. "C’est comme si vous disiez qu’un médecin fait exprès de voir un patient quinze fois alors qu’une fois suffirait. Or, notre métier est celui du diagnostic et de la prévention."

Le spécialiste ne nie toutefois pas que la vente de produits constitue une source de revenus pour un vétérinaire, "mais ce n’est pas la principale", ajoute-t-il, rappelant aussi que cela permet de garder le contact avec la profession plutôt que de se rendre dans les rayons d’une grande surface ou de tout acheter en ligne.

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