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Croissance d’après Covid-19 : Cachez ces chiffres positifs, SVP !

Ce n’est plus très à la mode d’être positif ou optimiste aujourd’hui. C’est normal, j’ai envie de dire, puisque l’écosystème médiatique est construit de sorte que le "chaland" ne clique que sur ce qui est négatif ou clivant.

Les infos négatives sont plus virales, six fois plus hélas que des infos positives et c’est aussi ce qui fait tourner en boucle les réseaux asociaux. Donc, la parole nuancée n’a plus droit de cité ou si peu. Pourtant, il y a de quoi se réjouir, notamment sur le plan économique. On en parle peu, mais la croissance en Europe est très forte et les économies de la plupart des pays de la zone euro sont revenues quasiment à leur niveau d’avant la crise du Covid-19. C’est certainement le cas de la Belgique et de la France. Rien que ça, c’est un exploit.

Lorsque la pandémie a éclaté, des experts autoproclamés nous annonçaient la fin du monde. Et aujourd’hui, la reprise est tellement forte que les nuages noirs s’appellent : inflation – pénuries de main-d’œuvre – et pénuries de produits. Qui aurait imaginé cela, il y a quelques mois à peine ? Même la Bourse est à un niveau record. En Belgique, le Bel 20 a retrouvé un niveau qu’il n’avait plus connu depuis 14 ans. Dans d’autres pays comme la France, ce sont même des records historiques. Et comme d’habitude, quand un pronostic s’avère foireux, les mêmes qui nous annonçaient la fin du monde se rattrapent aujourd’hui avec d’autres thématiques.

Certains, par exemple, nous disent qu’il ne faut pas avoir peur du retour de l’inflation, qu’il faut même laisser filer l’inflation, que se braquer sur l’inflation, c’est une lubie d’économistes ultralibéraux ou de médias à la solde du capital. Qu’en réalité, l’inflation est bonne, car elle fait fondre les dettes et donc elle peut servir les plus pauvres d’entre nous.

Mais là encore, c’est plus que discutable. Le raisonnement est simple : si l’inflation devait être élevée de manière durable et non pas temporaire comme on l’espère aujourd’hui, ce serait un danger justement pour les personnes les plus pauvres. Pourquoi ? Mais parce que les banques centrales seraient obligées de remonter les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. Et elles feront cela plus tôt que plus tard, car comme vous le savez, l’inflation c’est comme le dentifrice, une fois qu’il est sorti de son tube, bonne chance pour le remettre dedans. Et comme notre dette publique est colossale, toute hausse des taux d’intérêt signifierait que notre charge de remboursement exploserait. Nos gouvernements n’auraient donc pas d’autres choix que d’augmenter les impôts, mais aussi de rogner sur les autres dépenses notamment sociales. Et ça, c’est toujours au détriment des personnes les moins aisées.

Donc, non, une erreur de jugement ne devient pas une vérité parce qu’elle est répétée à l’infini.

Chronique Economique

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