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Crise sanitaire, crise sociale : les violences grondent

Philippe Walkowiak

Semaine après semaine, une violence s’installe en Belgique, comme dans d’autres pays européens. Elle prend des formes différentes, expression d’une crise sociale qui se nourrit entre autres de la crise sanitaire. Les faits de violence se multiplient, les opinions se radicalisent et s’expriment entre colère et brutalité.

Violence

C’est malheureusement un grand classique de la colère de masse : faute de pouvoir s’en prendre à la nouvelle elle-même, il est plus facile de s’en prendre aux porteurs de ces nouvelles.

La crise sanitaire et son cortège de mesures (plus ou moins fondées) ont orienté la colère d’une partie de la population, sans doute aussi minoritaire que virulente, sur les médias, rendus coupables de complicité avec un mystérieux "complot" ourdi par le pouvoir en place.

Dans une certaine mesure, la France avait déjà connu un phénomène similaire avec les " gilets jaunes ".

Mais plus globalement, les manifestations se font de plus en plus violentes. L’expression se libère. La haine de l’autre ou du pouvoir s’exprime ouvertement. D’une manifestation anti-pass aux stades de football, un même constat se répète. Outre les matchs arrêtés dans le football professionnel, Sud-Presse a fait les comptes : plus de 70 matches arrêtés depuis le 1er septembre. Comme l’indice d’une société qui se radicalise.

Racisme

La pandémie avait pourtant réduit drastiquement le nombre de manifestations. Mais celles-ci ont pris un tour différent. Cela a sans doute commencé par la " marche automobile " du Vlaams Belang sur Bruxelles le 27 septembre 2020 pour protester contre la nouvelle coalition fédérale. Les slogans dépassaient le seul cadre politique, le succès de foule a surpris, l’extrême-droite raciste avait désormais non seulement pignon sur rue mais pouvait sortir en masse, à visage découvert. Depuis d’ailleurs, les sondages d’opinion placent toujours le Vlaams Belang loin devant les autres formations politiques.

Outre la violence, la parole raciste s’est également libérée. Les réseaux sociaux en débordent, et des stades de football, là aussi, en constituent la caisse de résonance. Le Club de Bruges, devenu sans doute le club le plus populaire s’illustre depuis plusieurs mois. Quand ce ne sont pas des joueurs (y compris brugeois !) qui se font huer parce qu’ils posent un genou en terre, ce sont les cris racistes qui se multiplient, bien plus qu’auparavant.

Face à ces montées d’intolérance, le pouvoir politique semble bien démuni. Au nord du pays, on semble avoir peur de froisser l’électorat du premier parti. Cela ne va guère plus loin que la condamnation polie. On attend toujours les mesures fortes pour lutter contre l’expression du racisme dans l’espace public ou pour endiguer la violence croissante des manifestations anti-vaccin.

Impuissant ou tétanisé, le monde politique ?

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Bruxelles / Nouvelle manifestation contre les mesures sanitaires

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