Crise politique: le point sur une semaine mouvementée en Wallonie et à Bruxelles

Le point de vue, sur La Première: une semaine de crise politique

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23 juin 2017 à 09:40 - mise à jour 23 juin 2017 à 09:40Temps de lecture2 min
Par RTBF La Prem1ère

C’était lundi, sur le coup de 13h30, Benoît Lutgen, le président du CDH, lançait un appel "pour mettre en place de nouvelles majorités positives en Wallonie, à Bruxelles et bien sûr aussi en Fédération Wallonie-Bruxelles".

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Dégager le PS des 3 gouvernements, faire de nouvelles majorités avec Ecolo, le MR et Défi... Quatre jours plus tard où en est-on ? Benoît Lutgen a-t-il réussi son pari ? François Heureux est revenu sur ce sujet ce vendredi matin sur La Prem1ère avec Johanne Montay, responsable du service politique de la RTBF.

Est ce qu’on peut dire que Benoît Lutgen est toujours maître de la situation ? Est-ce que c’est encore lui qui dirige dans cette crise ?

On nage en pleine choucroute parce qu’on ne sait pas du tout qui pilote dans cette crise. Il y a Benoît Lutgen qui a commencé des rencontres, on sait qu’il a vu le MR et Ecolo. Il finira par voir Défi, qui boudait, mais qui vient quand même et qui lui dit : "D’abord, nettoyez dans votre parti et Joëlle Milquet, dehors". Donc ça ne va pas être facile. Et puis à côté de ça vous avez Ecolo qui fait des rencontres aussi. Ils verront lundi le président du PS, Elio Di Rupo. C’est comme s’il y avait plusieurs jeux de cartes et on ne sait pas qui pilote.

Vous parlez d’Ecolo et de Défi, est-ce qu’ils ont vraiment le pouvoir de peser dans ces négociations ? Parce qu’on voit qu’ils ne se précipitent pas, ils hésitent, ils posent des conditions. C’est un réel manque d’enthousiasme ou c’est un peu de la "com" pour dire : il n’y a pas que le CDH qui a la main pour l’instant ?

Je pense que c’est une manière de peser de tout son poids pour essayer de profiter de la situation. Ils savent très bien que l’un et l’autre, voire l’un ou l’autre sont nécessaires. Ecolo dit : "Si vous avez besoin de moi, la condition c’est d’abord 17 préalables en matière de gouvernance". Pour Défi ce sera nettoyer les écuries, comme dit Olivier Maingain. Chacun dans son parti enlève les gens qui ont été mis en cause à un moment donné. Ça s’appelle profiter d’une situation de force où on peut, sachant qu’on est nécessaire, mettre toutes les conditions qu’on veut.

Et puis il y a le MR, évidemment, qui est un peu incontournable si le CDH veut faire une nouvelle majorité. Le MR est assez silencieux, pas très enthousiaste non plus, finalement...

Il est un petit peu inquiet, je pense, il manque de confiance, il ne sait pas très bien quoi faire. Les militants et les membres du MR sont désarçonnés. Olivier Chastel a d'ailleurs donné une consigne à tous ses représentants : ne pas communiquer auprès de la presse. Donc ils vont venir sur les plateaux dimanche, d’ici là silence radio. Il y a une grande méfiance et une grande prudence.

Une autre conséquence de cette crise, c’est d’avoir rendu un peu plus visible cette différence de culture politique, d’univers même, entre Bruxelles et la Wallonie.

C’est sûr qu’on sent très bien que ce qui se passe en Wallonie, avec les relations devenues très difficiles entre le PS et le CDH au gouvernement, n’est pas vrai à Bruxelles. Tous les interlocuteurs du gouvernement bruxellois disent : "Ça se passe bien, ça se passait bien". Y compris les Flamands qui ne comprennent pas trop ce qui se passe, qui ont juste une seule peur, c’est de voir revenir Groen dans l’attelage. Pour le ministre des Finances en Région de Bruxelles-Capitale, Guy Vanhengel (Open VLD), c'est "non, surtout pas Groen".