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Crise énergétique : les surgelés trop chers à stocker, les magasins s’adaptent

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20 oct. 2022 à 06:20Temps de lecture2 min
Par Corentin Laurent

Vendre des produits surgelés, c’est s’engager à laisser tourner les congélateurs jour et nuit pour ne pas briser la chaîne du froid. Toutefois, depuis que la Russie a lancé son offensive en Ukraine, en février dernier, les prix de l’électricité explosent et un congélateur en consomme beaucoup. Face à cette nouvelle donne, les petites et moyennes entreprises s’adaptent.

 

On débranche tout

A Sirault, près de Mons, le restaurant "Le Noir Bonnet" avait déjà fait parler de lui pendant la pandémie. Le couple de restaurateur avait décidé de changer totalement d’activité en transformant leurs locaux en épicerie bio et locale et en service traiteur. Les congélateurs ont été achetés il y a un an seulement, et pourtant, "on a tout débranché dimanche à 13 heures", explique Alicia Rossi, la patronne.

La raison ? "Notre contrat fixe se termine dans deux jours et on veut éviter que la facture finale ne soit trop chère", confie Alicia. Une décision au prix de quelques produits : plus de crème glacée, plus d’escargots pour les fêtes et plus possible de présenter aux clients les croquettes artisanales de l’établissement.

Le bénéfice n’est toutefois pas vraiment chiffré, "on ne sait pas exactement combien cela va nous permettre d’économiser", affirme Alicia Rossi, mais de son propre aveu : "il n’y a de petites économies".

 

Un congélateur indispensable

Eteindre les congélateurs n’est pas une option pour les gérants de "Nordic Centre" à Péronnes-lez-Binche, dans la région du centre. La surface commerciale est presque entièrement dédiée à la vente de surgelé. Le congélateur de stockage peut accueillir jusqu’à 180 palettes. La marge de manœuvre pour faire baisser la facture d’énergie y est donc plus limitée, "on ne peut pas baisser la température et on en pas réduire la quantité stockée, on doit, au contraire, faire rentrer les produits pour anticiper les fêtes de fin d’année", explique Claudy Hobst, le responsable du magasin.

Ici, la solution réside dans les investissements. Les congélateurs et les réfrigérateurs sont alimentés par des moteurs indépendants. "On va investir dans une centrale au CO2, un moteur qui alimente toutes les machines et qui est moins énergivore". La société devra toutefois mettre la main au portefeuille, "il faudra plusieurs années pour amortir l’investissement" ajoute Claudy Hobst.

 

Le secteur du stockage dans l’impasse

Les sociétés qui se concentrent uniquement sur le stockage réfrigéré doivent en revanche subir les coûts de plein fouet. "La facture peut dépasser le million d’euros" selon l’UBPIF, l’Union Professionnelle Belge de l’Industrie du Froid. " Nous avons demandé de l’aide à l’Etat en tant qu’Union professionnelle mais on nous répond qu’il faut être patient".

Cette hausse des coûts se ressent déjà sur les tarifs de stockage. Si laisser une palette au frais pendant une semaine ne coûtait que deux euros il y a quelques mois, aujourd’hui, cela coûte le triple.

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