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Energie

Crise énergétique : "Il faudra au minimum trois ans pour corriger le tir" explique Damien Ernst, spécialiste en énergie

21 juin 2022 à 20:15Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

"Les carburants vont encore augmenter. En ce qui concerne le gaz et l’électricité, c’est déjà terriblement haut et ça ne va pas redescendre" assène Damien Ernst sur le plateau de QR l’actu. Pour ce professeur de l’Uliège et spécialiste en énergie, la situation est très mauvaise. Il estime que le diesel et l’essence à 2,70 euros comme c’est le cas dans certains pays européens, ce sera difficilement évitable : "Il y a un manque de production de pétrole et on a un manque de capacité de raffinage. Et à tout cela s’ajoute la guerre en Ukraine. On est en train de puiser dans nos réserves. L’avenir se présente mal".

Face à ce tsunami énergétique, Test achats exhorte les autorités à pérenniser le tarif social et son extension et de ne plus prendre des décisions tous les 3 mois. Jean-Philippe Ducart plaide également pour un service universel en termes d’énergie pour avoir des prix fixes qui soient acceptables pour une plus grande partie de la population.

Aides insuffisantes ?

Près de 900.000 ménages en Belgique bénéficient du tarif social. Une aide importante et non négligeable. Pour tous les autres, un ménage moyen voit son budget énergie grimper de l’ordre de 2500 à 3500 euros sur une année selon Damien Ernst. "On est face à une guerre énergétique et la majorité des Belges souffre. Il faut donc aider tout le monde et pas uniquement les plus bas revenus. On est face à une crise énergétique supérieure à ce que nous avons connu dans les années 70 et qui touchait uniquement le pétrole. Aujourd’hui, tout est touché".

Crise de longue durée

Pour Damien Ernst, il faudra au minimum 3 ans avant de pouvoir corriger le tir : "Cela fait 20 que nous accumulons les erreurs énergétiques en Europe. On s’est fragilisé, on est sorti trop tôt du nucléaire, on s’est jeté dans les bras de Poutine au niveau énergétique pensant que nous allions avoir ce gaz bon marché russe pendant des décennies. Nous avons commis des erreurs colossales sans respecter le principe de précaution qui viserait à l’indépendance énergétique. Et là, on paie une facture salée, violente".

Jean-Philippe Ducart partage l’analyse : "Nous avons péché par un manque de vision et d’investissement. Nous devons maintenant mettre en place un plan structurel, à plus long terme en commençant par nettoyer les factures électriques de tous les impôts divers, il faut également taxer comme va le faire le gouvernement, les surprofits de certains opérateurs et puis peut être plafonner le prix du gaz au niveau européen".

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