Economie

Crise énergétique: "Il est minuit moins une (...) Sans décision politique, l'industrie se retrouve dos au mur"

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31 août 2022 à 08:06Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Sandro Faes Parisi

"Il est minuit moins une": face à l'urgence de la situation et à quelques heures du Comité de concertation (Codeco) programmé mercredi après-midi, la fédération technologique Agoria soutenue par une série d'entreprises lance un appel aux politiques pour lutter contre la flambée des prix et aider l'industrie.

"L'activité et la compétitivité de nos entreprises sont soumises à une forte pression en Belgique sous l'effet conjugué de la hausse des coûts énergétiques et de l'augmentation des coûts salariaux", déclare son CEO Bart Steukers. "Notre centre d'études a calculé que les entreprises du secteur technologique devront supporter une charge supplémentaire de 10 milliards d'euros en 2023 par rapport à 2020. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés", martèle-t-il.

Agoria, en collaboration avec la FEB, a donc élaboré une proposition de mesures adressée au Premier ministre et aux autres participants du Codeco.

L'Espagne et le Portugal comme exemple

Pour la fédération, l'essentiel du problème réside dans l'énorme hausse des prix sur le marché du gaz naturel et dans la répercussion de celle-ci, via le mécanisme de fixation des prix, sur le prix de l'électricité. "Les mesures visant à réduire le prix du gaz naturel sont (donc) une première étape logique", relève-t-elle, pointant la Norvège "qui vend son gaz presque exclusivement par gazoduc à un nombre limité de pays de l'UE" comme un choix évident.

Il faut aussi intervenir sur le calcul des coûts de production de l'électricité, selon Agoria. Cette dernière propose de s'inspirer de ce qui se fait en Espagne ou au Portugal, où les prix du gaz utilisé pour la production d'électricité ont été plafonnés/subventionnés (avec l'accord de l'UE), afin de le transposer à plus grande échelle géographique.

La fédération plaide également pour exempter temporairement le secteur de l'électricité, au niveau européen, de l'achat des droits d'émission de CO2 ou pousser davantage de droits sur le marché ETS (échange de quotas d'émission, NDLR) via le mécanisme de stabilité du marché (MSR). "Le coût des droits d'émission de CO2 est en effet répercuté dans la méthode de calcul du prix de l"électricité et atteint donc aussi indirectement le consommateur", explique-t-elle.

"Ce sont des mesures non conventionnelles, mais à la guerre comme à la guerre", ponctue Bart Steukers. "Dans notre pays aussi, il est temps de prendre des mesures qui préserveront la compétitivité de nos entreprises. Sans décision politique, l'industrie se retrouve dos au mur".

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