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Crise de l’énergie : le prix des crémations en hausse

Le prix des crémations augmente dans la plupart des crématoriums de Wallonie et Bruxelles

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Avec la crise énergétique, les crématoriums ont vu leurs factures de gaz gonfler très fort en peu de temps. Résultat, la plupart n’ont d’autre choix que de répercuter cette hausse sur le prix de l’incinération.

Ainsi, au Champ de Court, le crématorium de Court-Saint-Étienne en Brabant Wallon, les factures de gaz se sont multipliées par trois cette année.

Facture de gaz multipliée par 3

"On tournait autour de 100.000 mille euros l’année dernière. On n’est pas loin de 300.000 euros cette année", constate la responsable Laurence Chabot.

Il faut dire que la consommation en énergie y représente tout de même 15% des coûts. "Une crémation dure une heure et demie dans le four crématoire. A l’issue de l’heure trente, les calcius [la partie calcaire des os, ndlr] sont glissés dans le cendrier. Il y a 25 minutes de refroidissement. Puis une étape de pulvérisation est encore nécessaire". Cela, avec une chambre de combustion chauffée à 850 degrés.

+ 75 euros la crémation

Difficile dès lors pour l’intercommunale InBW, gestionnaire du crématorium, d’encaisser à elle seule les surcoûts. Alors elle a décidé d’augmenter ses tarifs au mois d’août 2022.

"On était à 595 euros, et on est passés à 670 euros, explique Laurent Dauge, Directeur de InBW. Une augmentation de 75 euros, cela représente 12 ou 13%. Ce qui, quand on voit l’augmentation du prix de l’énergie et la hausse des salaires, est assez raisonnable, en tout cas dans le contexte actuel".

Aussi à Liège, Welkenraedt et Neufchâteau…

Le crématorium de Court-St Etienne n’est pas le seul à avoir augmenté ses prix (ou à compter le faire de manière imminente). Au moins 6 sur les 9 que comptent la Wallonie et Bruxelles facturent plus, en raison du coût actuel de l’énergie.

Ainsi, à Liège, Welkenraedt et Neufchâteau, par exemple, l’intercommunale Neomansio a augmenté ses tarifs dans une proportion similaire : la crémation est facturée à 697 euros au lieu de 632. Ce qui correspond à une hausse de 10%. "On va certainement encore devoir augmenter, mais on ne sait pas dans quelle mesure", concède Philippe Dussart, le directeur général de l’intercommunale. Chez Néomansio, la facture d’énergie a été multipliée par 4,5 par rapport à l’an dernier. "On est en pleine discussion sur l’ajustement budgétaire. Et qui dit ajustement budgétaire dit ajustement des tarifs".

… et Bruxelles et Mons

A Bruxelles et à Mons, l’augmentation des tarifs de la crémation est un peu moindre, située respectivement à 6 et 7%. Il faut dire que Bruxelles a eu plus de chance. Son contrat lui a permis de garder des tarifs d’énergie stables en 2022 et en augmentation de 1,5% pour 2023.

Pas d’augmentation, à ce jour, à Charleroi ni à Ciney (où les prix avaient augmenté au premier janvier dernier). Et nous n’avons pas eu de réponse du crématorium de Frasnes-Lez-Anvaing.

Ça ne s’arrêta peut-être pas là

Une chose est sûre, ces prix ne sont pas figés. "On ne sait pas encore ce qu’on va faire en janvier, explique Xavier Godart, directeur du crématorium d’Uccle, on espère pouvoir ne pas augmenter, mais sans garantie. On est en train d’étudier la situation". A Court-Saint-Etienne, Laurent Dauge ne dit pas autre chose : "On a une vue sur ce qu’on vit maintenant. On s’adapte au fil de l’eau. On verra ce qu’est le coût de l’énergie l’année prochaine et on s’adaptera encore si nécessaire".

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