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Crise de l’énergie : le chômage temporaire était "le choix politique le plus rapide à mettre en place", estime le cabinet Dermagne

© Belgaimage

24 oct. 2022 à 13:01Temps de lecture2 min
Par Maud Wilquin

Le chômage temporaire "énergie" est-il le meilleur moyen d’aider une entreprise à faire face à la crise énergétique ? Ne faudrait-il pas plutôt agir directement sur les factures ? Ce sont les questions que Laurence nous a posées via notre adresse mail questionreponse@rtbf.be.

"Le chômage temporaire était une demande des employeurs", répond le cabinet Dermagne en charge du Travail et de l’Économie. "C’est une mesure qui coûte cher à l’État mais qui permet de conserver l’emploi."

En effet, selon l’économiste Philippe Defeyt, le chômage temporaire énergie, qu’il soit partiel ou non, est utile dans le cas où l’entreprise en difficulté a toujours un avenir. "Cela permet aux entreprises de garder leurs employés et de redémarrer plus rapidement leurs activités plutôt que de licencier les travailleurs, puis d’en retrouver, d’en reformer une fois que les prix de l’énergie ont baissé et que les affaires se portent mieux."

Mais les avantages du chômage temporaire ont leur limite. Pour l’économiste, il ne sert à rien de tenter de sauver des entreprises structurellement condamnées. "Il est préférable de dire clairement aux employés de se préparer si l’espoir de survie de l’entreprise est faible plutôt que de la maintenir artificiellement pour rien." Par ailleurs, "si le chômage temporaire dure trop longtemps, les travailleurs pourraient décider de démissionner et de chercher ailleurs."

Et les aides sur la facture ?

Un chômage temporaire est donc utile au cas par cas, mais cela ne nous explique toujours pas les raisons pour lesquelles le chômage est la mesure prioritaire. Pour le cabinet Dermagne, il s’agit simplement d’un choix politique plus rapide à mettre en place qu’une aide sur la facture d’énergie.

Et pour cause, "si la Belgique bloquait les prix de l’énergie, les prix du marché eux continueraient d’évoluer et il faudrait compenser", explique à son tour le cabinet Van der Straeten en charge de l’Énergie. "Si c’était le fournisseur qui décidait de compenser, cela finirait par se ressentir sur la facture des citoyens et si c’était l’État, cela se ressentirait dans leurs impôts."

"De plus, la Belgique est un pays très interconnecté en matière de gaz et d’électricité. Si nous décidions de baisser le prix de ces énergies, les pays voisins l’achèteraient, ce qui n’aiderait pas. Quelle que soit la formule, il faut impérativement que le plafonnement vienne du niveau européen pour éviter les distorsions dans les pays." Et ça, ça prend du temps.

Ceci étant dit, il convient de rappeler que le chômage temporaire n’est pas la seule mesure qu’a prise le gouvernement. En septembre, la Vivaldi débloquait 1,5 milliard d’euros pour aider au mieux les entreprises et indépendants.

Enfin pour ce qui concerne les entreprises wallonnes, le Parlement wallon a approuvé le 19 octobre dernier la proposition de décret visant à mettre en place le cadre législatif qui permettra d’octroyer des aides directes aux entreprises. Une enveloppe de 175 millions d’euros a été dégagée.

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