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Economie

Crise budgétaire: Etats-Unis et Europe dans l'incertitude

Etats-Unis et Europe: incertitudes sur l'avenir économique
26 févr. 2013 à 15:43 - mise à jour 26 févr. 2013 à 16:253 min
Par Wahoub Fayoumi

Si les dirigeants européens ont tenté de dissiper l’inquiétude, ces derrières heures, les questions sur l’avenir politique de l’Italie perturbent les acteurs économiques. Les places boursières européennes ont reflété cette crainte ce mardi : la bourse de Milan a encaissé une baisse de 4,5% dans l’après-midi, après une ouverture très négative en Asie (-2,26%, à Tokyo et -1,32 à Hong Kong). Les analystes pointent surtout une baisse des valeurs bancaires. Logique : plusieurs grandes banques détiennent des parties importantes de la dette italienne, et un constat d’ "ingouvernabilité " de la troisième économie européenne a de quoi les inquiéter. Le risque existe d'un retour aux "heures les plus sombres de la crise de la zone de l'euro", prévient Guy Verhofstadt, le chef de file des eurodéputés libéraux.

Insatisfaction face à l'austérité

Cette "instabilité ne serait vraiment pas bonne pour l'UE", souligne Pascal Delwit, de l'Institut d'études européennes à Bruxelles. De fait, le signal envoyé par les électeurs italiens est clair : le flop électoral du Premier ministre centriste Mario Monti, est un refus de la rigueur européenne et, de ce fait, de la politique imprimée par l’Allemagne au niveau européen.

Premier haut responsable européen à avoir réagi, le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a insisté sur la nécessité de tenir compte du "large vote de protestation" des électeurs italiens, qui ne sont "pas satisfaits" de la sévère cure d'austérité leur étant imposée. L'une des leçons du scrutin est que "les gens sont prêts à faire des sacrifices, mais pas coûte que coûte", a-t-il expliqué.

Les syndicats réagissent d’ailleurs en ce sens : après les élections en Grèce, le scrutin italien est "un nouveau signal d'alarme" que les dirigeants "doivent entendre", a estimé Bernadette Segol, la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES).  "Beaucoup de gens ne comprennent pas que l'Europe trouve de l'argent pour sauver les banques, mais pas pour relancer la croissance", commente-t-elle aussi.

Le 1er mars, date butoir de la "falaise budgétaire" américaine

Un autre blocage politique risque de faire tanguer l’économie mondiale : "la falaise budgétaire" américaine. La date butoir à laquelle les représentants politiques des Etats-Unis devront se mettre d’accord sur le budget fédéral est fixée au 1er mars, pour éviter le déclenchement de coupes automatiques dans les dépenses publiques. Le moins que les observateurs puissent constater est que le débat budgétaire parait bien loin de l’apaisement.

Barack Obama appelait cette semaine les élus de la Chambre et du Sénat à consentir à adopter des mesures budgétaires temporaires,  permettant d'augmenter les recettes de l'Etat fédéral en supprimant certains allègements d'impôts bénéficiant aux plus hauts revenus. Si des négociations au Sénat pourraient avoir lieu, il n'y a pratiquement aucune négociation sur ce dossier entre le Congrès et la Maison blanche.

Péril sur la croissance

Le péril est autant social qu’économique. A défaut d’accord, les dépenses publiques américaines devront être amputées de 85 milliards de dollars. Les conséquences du "séquestre" sur certains États, argumente Barack Obama, seraient catastrophiques. Selon les estimations de la présidence, dans l'Etat de New-York, 2 300 enfants de familles pauvres pourraient perdre leur couverture santé et 7 170 seraient privés de vaccination; en Virginie, environ 90 000 civils travaillant pour la Défense seraient menacés d'une mise à pied temporaire ("furlough") et plusieurs projets de la Navy pourraient être gelés ou annulés. La Maison blanche pourrait enclencher à partir de vendredi la procédure de préavis d'un mois des mises à pied temporaires de salariés du secteur public, une mesure susceptible de toucher le contrôle aérien, les garde-côtes ou encore le FBI.

De son côté, la National Association of Business Economics (Nabe), proche des milieux patronaux, estime que les coupes dans les dépenses et les dissensions politiques sur le budget risquent de limiter la croissance économique à 2,4% cette année aux Etats-Unis.

Wahoub Fayoumi

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