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Le 8/9

Crimes inspirés de la Renaissance et étudiants en criminologie dans "Lucia", nouveau polar de Bernard Minier

Bernard Minier, pour son nouveau roman "Lucia"

Le 8/9

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05 mai 2022 à 08:564 min
Par François Saint-Amand

Bernard Minier était l’invité du 8/9 pour présenter son nouveau livre, Lucia. L’auteur envoie ses lecteurs sur les traces d’une toute nouvelle héroïne, qui enquête sur de sombres meurtres inspirés de tableaux de la Renaissance. Un page-turner aussi frissonnant que captivant.

Avec son 10ème roman, Bernard Minier est de retour avec une toute nouvelle héroïne : Lucia Guerrero.

À Madrid, l’enquêtrice Lucia Guerrero trouve son équipier crucifié sur un calvaire et se lance sur les traces de celui que l’on surnomme le "tueur à la colle".

Au même moment, à l’université de Salamanque, des étudiants en criminologie découvrent l’existence d’un tueur en cavale mettant en scène ses victimes en s’inspirant de tableaux de la Renaissance.

Derrière ces deux histoires parallèles se cache une terrible vérité… Lucia Guerrero et le groupe d’étudiants devront faire face à leurs peurs les plus profondes.

Une nouvelle histoire aux crimes sordides

Des frissons. Les lecteurs de Bernard Minier devraient à nouveau trembler de peur en parcourant les pages de Lucia. La crucifixion, à la colle, du collègue de l’héroïne est même loin d’être la scène la plus terrifiante.

Véritable apôtre des histoires glauques et des crimes sordides, l’auteur livre ainsi un nouveau récit lugubre, angoissant, et plein de rebondissements. "On aime bien se faire peur. La peur est au fond la plus ancienne et la plus forte des émotions humaines, comme le disait Lovecraft. Cela existe depuis très longtemps mais en même temps, les lecteurs et lectrices savent que cela s’arrête au bout de 400 pages. C’est la grande différence avec les peurs d’aujourd’hui qui elles continuent" justifie ainsi le romancier de 61 ans.

Les faits rapportés dans ce thriller policier émanent de l’esprit de ce dernier mais sont purement fictionnels. L’écrivain français, qui vend environ 600.000 livres par an, a toutefois une limite dans le récit des scènes gores : celles avec des enfants. "Il y a des fois des enfants victimes dans mes livres mais ce n’est pas mis en scène. C’est soit directement raconté par quelqu’un dans un dialogue, soit si c’est un crime, je ne présente jamais la scène. Il y a suffisamment de choses glauques dans mes romans mais j’ai mes limites".

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Lucia Guerrero bientôt la concurrente de Martin Servaz ?

Comme le nom de nouveau polar l’indique, les lecteurs de Bernard Minier n’y retrouveront pas son personnage emblématique, le commandant Martin Servaz, qui s’illustrait notamment dans La Vallée ou encore La Chasse. L’histoire se déroule en Espagne et suit une enquête menée par Lucia Guerrero, une policière au caractère bien trempé.

"Ce personnage-là, je l’avais dans un coin de ma tête depuis un certain temps. Il est venu petit à petit. J’avais envie que ce soit un personnage principal féminin, une enquêtrice, et du côté espagnol parce que j’ai des racines espagnoles (NDLR : sa mère est née en Aragon, une des régions où se passe l’action)" raconte l’auteur. "J’avais envie de parler de cette Espagne contemporaine qui a beaucoup changé au cours des dernières décennies. Elle est à la pointe pour pas mal de choses, par exemple pour le combat contre la violence faite aux femmes. Les Espagnols sont en avance par rapport à la France : ils ont des juridictions spécialisées, des services dédiés dans les commissariats". Pour le personnage de Lucia, son entourage est composé de femmes espagnoles au fort tempérament. "Je n’ai donc pas eu à chercher très loin pour m’inspirer".

Si le prochain roman de Bernard Minier ne devrait pas mettre en scène Lucia Guerrero, ce nouveau personnage devrait se faire une place de choix aux côtés de Martin Servaz. "Je l’aime beaucoup cette Lucia : elle ne triche pas, elle est vraie, elle n’arrondit pas les ongles. Comme on dit aujourd’hui, elle est un peu badass".

Les étudiants en criminologie au cœur de l’enquête

L’écrivain s’informe beaucoup sur l’évolution des méthodes d’enquête dans ses romans. Après l’intérêt pour la téléphonie mobile et l’ADN dans Sœurs, il se penche sur l’intelligence artificielle avec Lucia.

Les enquêteurs recourent à intelligence artificielle par le biais d’un logiciel pour faire des liens entre des affaires criminelles que l’humain ne perçoit parfois pas. Cette technologie est déjà utilisée par le FBI mais aussi en France pour relier des modes opératoires sur des scènes de crime.

L’environnement idéal pour évoquer ces avancées, c’était l’université. Le monde académique fascine d’ailleurs l’auteur. "L’université de Salamanque est une des plus anciennes d’Europe, fondée en 1218. J’avais donc envie d’une atmosphère un peu Oxford, Cambridge, et Salamanque est totalement là-dedans : ce sont des rues pavées, on ne peut pas faire un pas sans se heurter à un témoignage du passé. Et ce groupe d’étudiants en criminologie existe aussi, je les ai rencontrés. Ils sont à la faculté de Droit de l’université de Salamanque. Ils ont leurs bureaux dans les sous-sols un peu comme dans le Silence des agneaux. Le laboratoire de criminologie dans le livre, avec les portraits de tueurs en série sur les murs, existe vraiment tel que je l’ai décrit" révèle-t-il.

Dans une histoire où les crimes commis reproduisent des scènes de tableaux de la Renaissance, Bernard Minier s’offre une œuvre glaçante qui en aurait fait pâlir L’Enfer de Dante.

Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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