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La Syrie déchirée

Crimes de guerre: la France ouvre une enquête visant le régime Assad

Crimes de guerre: la France ouvre une enquête visant le régime Assad
30 sept. 2015 à 05:12 - mise à jour 30 sept. 2015 à 05:141 min
Par AFP

Une enquête pénale pour "crimes de guerre" a été ouverte en France visant le régime de Bachar al-Assad, pour des exactions commises en Syrie entre 2011 et 2013, a appris mardi l'AFP de sources concordantes.

Après un signalement du Quai d'Orsay, le parquet de Paris a ouvert le 15 septembre une enquête préliminaire pour "crimes de guerre", a annoncé une source proche du dossier, une information confirmée par une source diplomatique.

L'enquête se base notamment sur le témoignage de "César", un ex-photographe de la police militaire syrienne qui s'était enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant 55.000 photographies effroyables de corps torturés.

Le ministère des Affaires étrangères a signalé les faits au procureur de Paris au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui oblige toute autorité publique à transmettre à la justice les informations qu'elle possède si elle a connaissance d'un crime ou d'un délit quel qu'il soit, a expliqué la source proche du dossier.

"On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau"

Les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCHGCG) ont été chargés de mener les investigations.

Les enquêteurs travailleront notamment à partir des milliers de photos de tortures accumulées pendant deux ans par cet homme se faisant appeler "César", qui fut photographe aux ordres du régime syrien avant d'être exfiltré de Syrie en juillet 2013. Il dit avoir travaillé dans une unité de documentation de la police militaire syrienne.

L'annonce de cette enquête intervient alors que la crise syrienne est au centre de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Mardi, le président américain Barack Obama a insisté sur le départ du président syrien Bachar al-Assad pour vaincre les jihadistes de l'Etat islamique alors que la Russie insiste au contraire pour le maintenir au pouvoir.

De son côté, le président François Hollande a affirmé lundi à l'ONU qu'"on ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau", excluant ainsi Bachar al-Assad d'une solution politique au conflit.

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