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36, quai des orfèvres

Crime : une famille mène l’enquête à Chaumont (épisode 5)

Un crime, une histoire : 36, Quai des Orfèvres

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03 août 2021 à 08:37 - mise à jour 03 août 2021 à 08:37Temps de lecture4 min
Par Christian Rousseau

Au cœur de Paris, sur l’île de la Cité, se trouve l’une des plus célèbres adresses de l’histoire de la police. Elle a vu défiler les plus grands criminels, elle a vu travailler les plus grands enquêteurs : le "36, Quai des Orfèvres". À Paris et au-delà, dans la France entière, Jean-Louis Lahaye vous fait revivre les plus grandes affaires criminelles des 19e et 20e siècles, dans leur époque.

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Episode 5 : le crime de Chaumont (1935)

Cette histoire commence dans le département de la Haute-Marne, entre Nancy et Dijon. A Chaumont, une jolie petite ville, coquette, paisible. Une ville entourée par la Marne, à l’est, et par la Suize – un affluent de la Marne – à l’ouest.

Un cadre bucolique, dans lequel la famille Marescot coule des jours paisibles. Jusqu’à ce jour terrible d’avril 1935, où la petite dernière, Nicole, est portée disparue.

C’est le début d’une longue descente aux enfers pour les parents, rongés par l’inquiétude et l’espoir fou de revoir leur fille vivante. Et les attentes qu’ils placent en la police ne sont pas à la hauteur des moyens dont disposent les enquêteurs. Jérôme de Brouwer, historien du droit et de la justice à l’ULB, apporte des précisions :

Les moyens d’investigation mobilisés par la police dans les années 1930 ne sont pas ceux, bien entendu, dont on dispose aujourd’hui. Ils ne disposent pas des moyens de la technologie contemporaine, que ce soit l’appui de drones à la recherche au sol ou l’usage de caméras thermiques. L’usage de la reconnaissance aérienne reste délicat à l’époque, dans la mesure où celle-ci ne peut être pratiquée que par avion. L’hélicoptère n’apparaît qu’après la guerre au sein des forces de police ou de gendarmerie. Enfin, l’appui de chiens policiers à la recherche de personnes n’apparaît pas encore organisé.

Alors on se base sur ce dont on dispose : les forces de police et de gendarmerie, ainsi que, au-delà des gendarmes eux-mêmes, l’armée de terre. On voit ensuite intervenir la police judiciaire : le commissaire Perruche et l’inspecteur Rollot, de la Brigade mobile de Dijon.

De son côté, la famille elle-même ne reste pas inactive non plus. C’est ainsi qu’on voit apparaître, à la suite de l’initiative prise par la famille, un détective venu spécialement de Genève. L’homme, Paul Rochat, est une personnalité connue dans son domaine. Avec l’aide de ses chiens, il a déjà sauvé des vies et retrouvé des personnes disparues. Il officie surtout en montagne. Jérôme de Brouwer nous éclaire sur ce personnage :

Paul Rochat est un détective privé qui connaît une certaine notoriété pendant l’entre-deux-guerres. Il se fait en particulier connaître dans la recherche de disparus, avec l’aide de chiens, en particulier une chienne – Zita – qui connaît elle-même une certaine notoriété. Il accomplit des missions de recherche dans plusieurs pays d’Europe, et au-delà. Il aurait par ailleurs eu des activités d’espionnage pendant la guerre. Il publie ses mémoires en 1945.

La famille Marescot mobilise donc ses propres ressources, face à ce qui peut apparaître comme des faiblesses de la recherche policière. Mais ce n’est pas seulement un “privé” qui apparaît. Ce sont aussi des pratiques de recherches alternatives qui sont mises en place, parfois étonnantes :

Les recherches policières ne donnant pas de résultats, on voit apparaître divers acteurs, dans un contexte de détresse. On voit ainsi apparaître plusieurs radiesthésistes (radiesthésie : procédé de détection sur la base des radiations qui seraient émises par le corps humain) qui vont donner leur avis sur le lieu où se trouverait l’enfant. La radiesthésie connaît un certain développement au cours de l’entre-deux-guerres. On rencontre dans ce domaine, comme dans ce dossier, un certain nombre de prêtres. La famille fait appel, en l’occurrence, à un personnage qui est assez connu lui aussi, à l’époque, dans son domaine : un prêtre, le curé de Rouvres-sur-Aube.

Mais cela fait partie du métier de policier, il faut savoir composer avec toutes les contraintes. Les experts autodéclarés en tout genre en sont une, comme la presse – avide de divulguer des informations sensibles – en est une autre… Chaque dossier a ses spécificités. Mais il y a aussi les fausses pistes. Et dans l’enquête de la disparition de la petite Marescot, les pistes s’ouvrent et se referment sans cesse. On avance de deux pas pour reculer de trois le lendemain. On ne parvient à rien, alors on explore toutes les possibilités, même infimes.

Ce sont d’abord les gitans de passage, sur lesquels certains portent leurs soupçons. En vain. On s’intéresse ensuite de très près à un repris de justice, connu dans la région, mais on ne parvient pas à lui soutirer la moindre confession. Tout ceci est très éprouvant, et l’espoir s’amoindrit au fil des jours. Plus le temps passe, plus le ou les coupables ont le loisir d’emmener leur victime loin. A moins qu’il ne soit déjà trop tard…

Jusqu’à ce qu’une lettre parvienne chez les Marescot, fixant un rendez-vous en Suisse pour remettre la petite Nicole. Fausse piste ou auto-accusation de celui qui est à l’origine de la disparition, pris de remords ?


Un crime, une histoire : 36, Quai des Orfèvres, c'est 10 épisodes en diffusion hebdomadaire, le dimanche de 18h00 à 19h00 dès le 4 juillet et en diffusion quotidienne du 16 au 27 août de 12h00 à 13h00.

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