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Covid : Royaume-Uni et Danemark assouplissent les mesures, pourquoi pas nous ? Questions à trois experts

Covid : Royaume-Uni et Danemark assouplissent les mesures, pourquoi pas nous ? Questions à trois experts
28 janv. 2022 à 15:443 min
Par Pascale Bollekens avec Clara Weerts et Lucie Dendooven

Au Royaume-Uni, comme au Danemark, les mesures contre le Covid ont été levées. Fini les restrictions, le port du masque, et les autres gestes barrière, chez nous, le nouveau baromètre voit rouge. Pourtant si l’on compare les taux de vaccination au Danemark par exemple et en Belgique, les chiffres sont quasi les mêmes, 80% de personnes vaccinées deux fois, contre 76,8 chez nous, 56% ont reçu le Booster contre 55,8 ici.

Pourquoi ces pays assouplissent leurs mesures et pas nous ?

Geert Molenberghs, Biostatisticien à la KULeuven, estime que c’est prématuré : " La pression est forte sur les hospitalisations, 3694 patients sont à l’hôpital et 357 le sont en soins intensifs. Et les admissions continuent à augmenter. Le nombre de contaminations est énorme. Ce qui bloque en partie la société, les entreprises, les écoles avec un taux d’absentéisme important. Qu’un pays comme le Danemark dont les cas sont plus nombreux que chez nous et qui est d’ailleurs le leader en Europe du nombre de cas par 100.000 habitants lâche les gestes barrière me paraît tout simplement incroyable."

Steven Van Gucht, Virologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid tempère : "L’assouplissement, c’est une question de semaines. Très vite, nous allons assouplir les mesures, mais de manière graduelle. Si on relâche les mesures d’un coup, on peut s’attendre à une augmentation des cas, ce qui pourrait impacter la continuité de nos entreprises mais aussi ouvrir la porte aux autres virus respiratoires, à la grippe. Le pic devrait être atteint dans une à deux semaines. Nous voyons les premiers signes d’un ralentissement mais il vaut mieux rester prudent et relâcher progressivement les mesures comme cela a été défini dans le baromètre. Certains pays relâchent leurs mesures mais je pense que ce sont des décisions politiques." Propos tenus également par Yves Coppieters, notre troisième expert.

Yves Coppieters, Professeur de Santé publique à l’ULB : "Au Danemark, ils ont passé le pic, ils sont sur une courbe descendante pour les hospitalisations en avance de 15 jours, 3 semaines sur nous. Au Royaume-Uni, c’est un autre pari, les hospitalisations ne sont pas encore en phase descendante, les autorités tablent sur un passage du pic dans les prochains jours et anticipent les mesures. Dans ces pays on privilégie le besoin de relâchement parce que le ras-le-bol s’installe dans la population et l’adhésion aux mesures se perd. Chez nous, on privilégie fortement l’aspect sanitaire, le baromètre se base sur des indicateurs médicaux. Ce sont ces indicateurs qui ont guidé les décisions politiques depuis deux ans. Contrairement à d’autres qui ont décidé de sortir de ces seuls indicateurs comme outil d’aide à la décision et de s’intéresser à la santé psychosociale mais aussi à des pressions politiques, soyons réalistes."

Le Baromètre et le CST sont-ils encore utiles ?

La France relâche les mesures, elle aussi, début février mais avec un Pass vaccinal pour aller au resto, au cinéma bref, pour avoir une vie sociale normale. Chez nous, le Covid Safe Ticket (CST) est toujours de rigueur comme le prévoit le nouveau baromètre Corona.

Yves Coppieters s’interroge : "Ce qui est intéressant dans les différentes stratégies d’assouplissement, c’est que certains pays relâchent complètement les mesures en supprimant même leur Pass sanitaire comme notre CST et d’autres comme la France, le font sous condition. Il faudra donc voir si, chez nous, les assouplissements seront conditionnés comme en France ou libres comme au Royaume-Uni ou au Danemark. Selon moi, on devrait tout de même aller vers une plus grande responsabilisation des gens envers les plus fragiles."

Steven Van Gucht est très clair : "Le baromètre est très utile. Il nous donne un cadre, c’est un bon outil. Il faut l’utiliser. Il comporte des seuils et des secteurs définis. Que va-t-on faire et où, en fonction de l’épidémie. Quand les conditions épidémiologiques seront meilleures, on n’utilisera plus le CST. Si les conditions se dégradent, on pourrait le réintroduire. C’est un outil flexible prévu dans notre baromètre. Un baromètre qui arrive un peu tard certes, mais il est là. Sans lui, on parle dans le vide. Le CST a toute son utilité aussi, il motive à se faire vacciner et à faire le booster, c’est notre meilleure garantie pour une sortie sereine de la crise. Le CST est un instrument qu’on peut ressortir de l’armoire en cas de nouvelle vague."

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